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3 décembre 2017

Communiqué de la Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-UMOJA) sur l’actualité dominante

Classé dans : Ligue Panafricaine - UMOJA — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 15 h 53 min

Position de la Ligue Panafricaine – UMOJA relative à l’actualité dominante (05 mars 2017)

La LP – UMOJA trace la ligne de démarcation entre les panafricanistes convaincus et les françafricains qui se battent rien que pour l’alternative « démocratique » sur le continent

Depuis plus de deux décennies, l’actualité politique africaine, au sud du Sahara, est dominée par des conflits électoraux, sanglants pour certains d’entre eux. Les cas les plus récents sont : Zimbabwe, Kenya, Niger, Guinée Conakry, Côte d’Ivoire, République Démocratique du Congo, Gabon… D’autres pays comme le Congo-Brazzaville, le Cameroun, le Tchad, le Burkina-Faso… sont quasiment dans un blocage démocratique, où les régimes en place, après avoir affaibli ou réduit l’opposition à néant, sont redevenus monolithiques.

LP-U

 

1 – La LP-U priorise la quête de la souveraineté comme mot d’ordre stratégique pour la libération effective du continent.

Sans nier cette dimension électorale, la LP-U dénonce vigoureusement la responsabilité de la classe politique africaine (majorité et opposition) pour avoir réduit la démocratie à un simple processus d’accession au pouvoir. C’est ainsi que les conflits actuels, abusivement qualifiés de conflits démocratiques, sont d’autant plus violents qu’ils n’opposent pas des adversaires ayant des idéologies et des conceptions de développement différentes. Il s’agit de la lutte du pouvoir pour le pouvoir et tous moyens justifient cette fin : instrumentalisation ethnique, alliances politiques contre nature, constitution des milices armées, collaboration avec l’impérialisme contre les intérêts africains…

 

Or, l’on observe que si la démocratie ne se résumait qu’aux réussites des scrutins électoraux, le vaillant peuple malien, tant vanté pour ses deux décennies de réussite de l’alternance démocratique, et dont malheureusement les droits économiques et sociaux sont réduits à la portion congrue, ne s’est pas mobilisé massivement pour défendre les acquis de la démocratie « électoraliste », et exiger le retour à l’ordre constitutionnel.

 

Pour la LP-U, l’exigence démocratique va de pair avec l’exigence de souveraineté, et qui conduira inexorablement vers la constitution d’une union politique des Etats africains, condition sine qua non pour peser dans le concert des nations face aux géants comme les Etats-Unis, l’Union Européenne ou aux Etats continent comme la Chine et l’Inde.

 

Organisée en Sections Territoriales dans les pays africains, la LP-U affirme clairement et sans ambages que la quête de la souveraineté sur tous les plans est le mot d’ordre stratégique de toutes les luttes émancipatrices du continent africain. Cette souveraineté, devant apporter le développement accéléré et durable du continent nous impose comme cadre institutionnel viable la création des Etats Unis d’Afrique.

 

Par ses affirmations et son orientation idéologique, politique et spirituelle, la LP-U marque sa totale différence d’avec tous les partis politiques de l’échiquier politique panafricain, au pouvoir comme dans l’opposition, qui se déchirent juste pour l’obtention d’une alternance « démocratique ». Par son mot d’ordre et son organisation résolument panafricanistes, la LP-U trace une ligne de démarcation entre les fils et filles du continent qui désirent véritablement sa libération et son progrès autonome et durable, et les collaborateurs qui servent de suppôts locaux aux puissances colonisatrices.

 

2- Ligue Panafricaine – UMOJA dénonce les dettes odieuses dont les bénéficiaires sont les créanciers prédateurs et leurs laquais locaux

Depuis les années 1980, y compris après le retour du multipartisme en 1991, les différents plans d’ajustements structurels (PAS), renommés en PPTE aujourd’hui,  qui se sont traduits par des baisses massives de salaires, le gel drastique des recrutements, l’arrêt des subventions aux services de base (santé, électricité, eau courante, éducation…), privatisation et bradage des sociétés d’État et mise massive au chômage… ont été appliqués brutalement contre les populations africaines. Au nom de la « real politik », aucun parti politique africain de la majorité ou de l’opposition, ne s’en est jamais élevé, à l’instar des questions électorales.

 

Les populations africaines subissent en fait une double peine. En effet, après avoir subi les affres des régimes dictatoriaux pro-impérialistes, elles sont sacrifiées régulièrement sur l’autel des remboursements des dettes odieuses et illégitimes contractées par ces mêmes régimes, en complicité  avec ces créanciers véreux. Le cynisme atteint son comble, lorsque les populations africaines, qui ne sont ni les destinatrices, ni les bénéficiaires de ces fonds, doivent supporter le remboursement des dettes dont elles n’ont point profité. Pire, il leur est demandé de rembourser des financements qui ont servi à des achats d’armes de guerre ayant causé des milliers de mort parmi elles lors des conflits successifs fomentés par ces ignobles charognards.

 

Pour en finir avec la double peine qui frappe les populations africaines relativement aux injonctions des IFI (BM et FMI) à travers le PAS hier et le PPTE aujourd’hui, la LP-U s’inspire des cas de suspension et d’annulation de la dette des pays aussi divers que l’Equateur, la Norvège et l’Islande en mobilisant les populations afin d’exiger un audit citoyen.

 

Instrument de souveraineté, l’audit citoyen consiste à analyser de manière critique la politique d’emprunts suivie par les autorités du pays et à répondre à de nombreuses questions. Par exemple :

-         Pourquoi l’État a-t-il été amené à contracter une dette qui ne cesse d’enfler ?

-         Au service de quels choix politiques et de quels intérêts sociaux la dette a-t-elle été contractée ?

-         Qui en a profité ?

-         Etait-il possible ou nécessaire de faire d’autres choix ?

-         Qui sont les préteurs ?

-          Qui détient la dette ?

-          Les prêteurs mettent-ils des conditions à fortiori des prêts ?

-          Lesquelles ?

-          Quelle est la rémunération des prêteurs ?

-          Comment l’État s’est-il trouvé engagé, par quelle décision, prise à quel titre ?

-          Combien d’intérêts ont été payés et à quels taux ?

-          Quelle part du principal a déjà été remboursée ?

-          Comment des dettes privées sont-elles devenues « publiques » ?

-          Etc….

 

Les menaces de la mise au ban de la communauté internationale ne sont qu’une façon de décourager les États à franchir le pas. Car, contrairement aux idées reçues, les travaux récents de deux économistes, Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, ont dénombré 169 défauts de paiement qui ont duré en moyenne trois ans, entre 1946 et 2008. Tous les territoires qui croupissent sous le poids des dettes odieuses ont tout à gagner en les dénonçant et en exigeant des dommages et intérêts pour crime contre l’humanité par l’esclavage financier.

 

3 – La LP-U exhorte tous les Etats africains à s’engager dans un combat unitaire pour la souveraineté monétaire avec une monnaie commune

Les désastres économiques et sociaux causés par la dévaluation du Franc CFA de janvier 1994 dans la zone Franc CFA ne sont que la partie visible de l’iceberg. A ce jour, travaux, études et déclarations d‘experts foisonnent, démontrant, contrairement aux idées très répandues et souvent chargées d’émotions, que la zone-franc est une source d’appauvrissement, de misère et de sous-développement des pays membres.

 

Au lieu de construire un véritable outil de développement en matière monétaire, les dirigeants africains successifs se contentent de vendre les matières premières non valorisées et cherchent désespérément refuge dans la monnaie de la puissance coloniale. L’aberration du système FCFA a atteint son comble dans le fonctionnement des comptes d’opérations, où les dirigeants africains de la zone Franc CFA sont tenus par les accords qui les obligent à stocker ou à immobiliser chaque année depuis 1945 dans les caisses du Trésor français, 85% (ramené progressivement à plus de 50%) de leurs recettes d’exportation, capitaux financiers qui devraient servir au développement socio-économique de l’Afrique.

 

Et pourtant, la garantie monétaire occidentale n’existe pas en Inde, ancienne colonie anglaise, où la monnaie nationale (la roupie) est inconvertible. Et pourtant, l’Inde est une grande puissance économique et militaire incontestable, devançant de loin, tous les pays africains de la zone franc et figurant parmi les pays dits émergents, les BRICS.

 

Considéré par la LP-U comme un véritable instrument de l’impérialisme français en œuvre sur nos territoires, la LP-U entend présenter le bilan de l’arrimage au FCFA aux peuples africains afin que ces derniers décident souverainement de sortir de cette zone monétaire. Dans ce cadre, nous rappelons à nos compatriotes l’adage de l’impérialisme français selon lequel « Qui tient la bourse, tient le pouvoir ». L’Afrique ne pourra jamais se libérer complètement et durablement du joug des impérialismes si ce sont ces vautours qui gouvernent notre monnaie.

 

Mouvement politique, la Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-U), appelle de tous ses vœux à l’Unité des panafricanistes dans nos territoires pour la formation d’un bloc souverainiste, anti-impérialiste et anti-tribal, qui portera haut les aspirations légitimes de nos populations à l’échelon national et continental : liberté, indépendance, souveraineté sur nos vies et notre devenir, souveraineté sur les richesses de notre continent, unité effective pour accélérer le développement de l’Afrique, etc.

 

Par la création et l’animation de ses Sections Territoriales, tant sur le continent que dans les différents territoires de la diaspora panafricaine, la LP-U a engagé le combat pour obtenir des assises souveraines (Etats généraux, Forum, Conférence nationale…), non pas que sur les questions électorales comme la classe politique actuelle (opposition et partis au pouvoir confondus) se plaît à le faire, mais également et prioritairement sur les questions de la souveraineté, des droits économiques et sociaux, en un mot, du développement accéléré durable de l’Afrique.

Démocratie sans Souveraineté, n’est qu’une mystification !

 

 

Umoja Ni Nguvu ! (L’union fait la force !)

 

 

 

Pour Le Bureau Politique Provisoire de la Ligue Panafricaine – UMOJA

Henda Diogène Senny

Président de la LP-U

 

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