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13 octobre 2016

Les Maisons

Classé dans : Société — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 0 h 31 min

Les maisons.

Ou plutôt, je suis tenté d’écrire Les « Maisons ».

Je ne sais pas quelles définitions donner à ce terme de « Maisons ».

Je sais cependant que depuis des années, ce mot (au pluriel, la plupart du temps), est entré dans le vocabulaire courant.

MH

Certains Congolais voient des « Maisons » partout, dès qu’il y a un décès, dès qu’il y a une tuerie. Pour eux, en effet, les « Maisons » sont des sortes de sociétés de sorciers où des Hommes de pouvoir sont obligés de passer, signant des sortes de Pactes avec le Diable. Ils obtiennent ainsi des postes ministérielles, des postes de DG etc. En somme, le rêve d’à peu-près 50,01% des Congolais. Ces Pactes avec le Diable incluent, d’après ces Congolais, des sacrifices humains. Mais des sacrifices de diverses sortes. Soit on « donne » un proche : enfant, neveu, frère, sœur etc. Cette personne, « donnée » meurt dans des conditions qui, selon ces Congolais, ne peut que relever de la sorcellerie. Même si cette personne décédée souffrait d’une maladie incurable, les gens n’en ont cure. Le parent qui a un poste ou qui vient d’en obtenir est forcément l’auteur de cette mort. Oui, il a « donné » ce proche à la « Maison » à laquelle il appartient, « Maison » à laquelle il a prêté allégeance. Même si ce proche passe de vie à trépas suite à un accident de circulation, accident au cours duquel il y a eu deux, voire même vingt morts, le parent haut placé est forcément le metteur en scène, le réalisateur voire même le scénariste de ce mélodrame.

Autres faits attribués à ces « Maisons », ce sont les décès des jeunes soldats qui sur le théâtre de certaines opérations servent la République, suite aux instructions de leur hiérarchie. Si un esprit cartésien va penser que ces enfants, ces pauvres gosses meurent ainsi, c’est d’abord et avant tout du fait qu’ils sont à peine formés (voire pas vraiment formés), ces gens, brillants penseurs mettent cela sur le compte des « Maisons ».

Encore !

Oui, l’homo congolus pense que ces « Maisons » ont en permanence besoin de sang. De sang humain s’entend. Plus ce dernier coule, d’après ces experts en hématologie et plus ces « Maisons » se portent bien et plus ceux qui en donnent, plus ceux qui en font couler sont récompensés par leur maintien des années durant à des postes de nomination où le lait, le miel et tous types de nectars coulent à flots.

Le cerveau demeure et il risque de demeurer encore pour des siècles un vrai mystère pour les humains. A moins que les scientifiques qui y travaillent sans relâche fassent des bonds en avant encore plus importants que ceux qu’ils ont déjà réalisés. Cela est impressionnant. Cependant, ce qui m’impressionne le plus, c’est l’incapacité de certains à ne pas vouloir utiliser leurs cerveaux. Ou plutôt à les utiliser très mal. C’est ce qui donne ce genre de réflexions. A Salem, aux USA, il y a quelques siècles, il avait été organisé un procès de sorcières avec des sentences se terminant dans le feu. Oui, certains Africains sont toujours surpris quand je leur dis qu’en Occident, on brûlait les sorcières. Les pauvres ! Ils croient que le monde, en ce vingt-et-unième siècle, est la copie conforme de ce qu’il était au dix-huitième, au seizième, au quatorzième siècles etc. Je les comprends et ne leur en veux nullement à ce sujet. Il faut reconnaître à l’Occident le mérite d’avoir mis fin à cette ignominie qu’il avait lui-même créée et qu’il avait même eu le luxe d’exporter loin de ses terres. On ne compte pas les héros africains, les héroïnes africaines qui ont été brûlés soit pour avoir dit non au christianisme soit pour avoir revendiqué la liberté pour leurs peuples. Ce qui revient au même.

Nous sommes sur un continent où le système sanitaire est des plus déplorables. Nous sommes sur un continent où chacun, dès qu’il a une voiture, est persuadé d’être seul au monde avec tous les accidents mortels que l’on vit. Nous sommes sur un continent où, faute de bien gagner sa vie, l’Africain moyen est obligé de manger n’importe quoi, qui vient d’Occident et d’Asie, avec tous les soucis de santé que l’on peut imaginer. Nous sommes sur un continent où, pour toutes les raisons du monde, les AVC se multiplient à une vitesse impressionnante. Nous sommes sur un continent où les autorités ont très lâchement cessé le combat contre le paludisme (surtout), la tuberculose et le sida.

Et, malgré tout cela, dès qu’un d’entre nous meurt, on va chercher un oncle, une tante etc. à qui on attribue ce trépas.

Voilà ce qui arrive quand on a un cerveau mais qu’on refuse délibérément de s’en servir.

Allumons nos cerveaux, cela ne pourra que nous faire du bien.

 

Obambe NGAKOSO, October 2016©

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