Epurebere, adi ibo ya ndziya yo: le blog d'Obambé Mboundze Ngakosso

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12 août 2016

Le marronnier du 15 août

Classé dans : Société — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 23 h 52 min

Les Français, à chaque période de l’année ont des choses qui leur tombent dessus.

Ces choses sont décidées en certains lieux où la majorité de la population n’a pas prise.

Taxis

Quand il faut faire un dossier spécial « Francs-maçons » avec leurs pouvoirs réels et supposés (surtout supposés), les magazines (hebdomadaires de gauche, de droite) s’y mettent à cœur-joie.

Quand il faut parler d’immobilier, chacun de ces magazines y va de son dossier avec les meilleures affaires à réaliser tout de suite et maintenant.

Et les hôpitaux ? Ah ! les hôpitaux… Que ne lit-on pas chaque année avec les meilleurs établissements hospitaliers, privés et publics confondus ?

Au Congo, si nous n’avons pas de magazine de ce genre, nous avons depuis quelques années notre marronnier à nous. En effet, le 15 août de chaque année, c’est officiellement la fête de l’indépendance. Tout le monde (en tout cas toutes les élites) sait que d’indépendance il n’a jamais été question, mais on fait semblant. On fait avec. Même l’auteur de ces lignes vous avouera qu’il a un pagne célébrant les 50 ans de l’indépendance du Congo. Ceux qui me connaissent et connaissent mes idées se sont moqué de moi en ce temps-là et ils avaient bien raison : on a bien le droit de faire des conneries de temps en temps, non ?

Chaque année donc, autour du 15 août, dans les grandes villes du Congo, le carburant se fait rare. Gasoil comme essence ont comme disparu et des files interminables de voitures, de deux roues etc. Certains passent même leurs nuits dans leurs taxis, attendant le liquide sacré sans lequel ce monde risquerait d’entrer dans une guerre des plus sanglantes.

 

Pourquoi ? Parce que l’essentiel du carburant a été comme téléporté dans la ville où se déroulent les festivités de la fameuse indépendance.

 

C’est le Congo.

Si on a besoin d’un papier, quel qu’il puisse être, en cette période, dans une administration publique, on a tout le temps d’attendre et peut-être même que la fin du monde promise par les témoins de Jéhovah aura lieu bien avant que l’on puisse entrer en possession de ce papier. Qui va le signer ? Personne puisque les « chefs » sont du côté de la ville où l’on festoie.

Même une personne dont on sait pertinemment u’elle n’a aucun pouvoir vous dira, Ecoute, on ne peut pas se voir avant Madingou (Madingou est la ville de la fête tournante, cette année). On sait que ce frère, en allant là-bas, dormira soit à la belle étoile soit dans la voiture d’un proche, mais tout le monde s’en cogne royalement.

 

Inutile de chercher à se faire soigner par un spécialiste car il y a de fortes chances qu’il soit lui aussi au même endroit en train de célébrer la dépendance, un bistouri dans la main, une bouteille de « Petite ya quartier » dans l’autre

 

Obambe NGAKOSO, August 2016©

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