Epurebere, adi ibo ya ndziya yo: le blog d'Obambé Mboundze Ngakosso

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13 novembre 2015

Route Moukondo-Nkombo, jusques à quand?

Classé dans : Sécurité — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 23 h 52 min

En 2012, je fus agréablement surpris de voir que l’on pouvait aller de Nkombo à Moukondo en voiture, à moto ou même à pieds, via une route nouvelle qui venait d’être construite. Je me souviens encore comment, habitant entre le Lycée Thomas Sankara et le terminus de Mikalou, quand il pleuvait, nous étions obligés d’enlever nos chaussures, de plier nos pantalons pour aller de la maison à Moukondo. Je ne vous raconte pas les péripéties réalisées pour cela…

Bus

Certes, aujourd’hui, les habitants de cette zone n’ont pas encore leur route pour aller directement à Moukondo, il faut reconnaître que la route Moukondo-Nkombo est une aubaine, une vraie opportunité car des années durant, il n’y avait qu’une seule route, la nationale n°2 (trop étroite, saturée depuis des années), pour quitter n’importe coin de la ville et rallier Nkombo et au-delà (Massengo, Ndjiri etc.)

Hélas ! ma nature exigeante me pousse toujours à viser le meilleur et à ne jamais me contenter de l’à-peu-près.

Premier grief, la route est certes plus large que la nationale n°2, mais ce n’est vraiment pas ça. Une deux fois deux voies aurait été une très bonne chose, avec un terre-plein central en plus. Des lampadaires qui fonctionnent seraient les bienvenus, mais là c’est du ressort de la SNE (Société nationale d’électricité). J’en parle car le soir venu, si les voitures n’éclairent pas la route, je ne vous raconte pas l’enfer. Or, même de jour où la lumière est excellente, il y a quasiment un accident par semaine. Je pèse mes mots. Avec ou sans morts. Hier encore, le soir, en rentrant, j’ai vu les restes d’un taxi apparemment irrécupérable et quelques mètres plus loin, c’était un gros 4*4 blanc, en partie dans le caniveau. Lui au moins, on peut le récupérer. L’accident avait eu lieu l’après-midi et, d’après les témoins, c’est le conducteur du 4*4 qui, voulant absolument doubler le taxi, a entraîné ce dernier dans l’accident. Un autre jour c’est même un corbillard qui s’est payé le luxe de se retrouver dans le caniveau. Fort heureusement, le mort avait déjà été enterré… Toutes les semaines quasiment, toutes les semaines. Il y a quelques semaines, on a même dû découper des morts car on ne pouvait les extraire en entier des carcasses des véhicules.

Il y a certes la folie des conducteurs. C’est vrai. Ils sont à blâmer et nous savons combien le trafic des permis de conduire dans ce pays est une activité qui marche très bien. Nombre de conducteurs ne connaissent pas le code de la route. Pour eux, la ligne blanche, longue ligne blanche, qui se trouve au milieu de cette route dont nous parlons, ne signifie rien du tout mais alors là rien du tout. Ils doublent tout le monde, sur la gauche comme sur la droite. Le matin, le midi, le soir. Qu’il y a une voiture arrivant en face ou pas, qu’il y ait 666 voitures arrivant en face ou pas, cela ne change rien à leur conception et de la voiture et de la route : ils veulent doubler ? Eh ! ben ils vont doubler et on verra bien qui est le plus fort dans ce pays ! Le célèbre « Tu me connais » étant toujours prêt pour être craché au visage de qui voudra leur dire un mot.

Sur cette route, je crois voir chaque fois des souvenirs de peinture blanche indiquant des passages piétons. Je dis bien souvenirs car c’est devenu illisible. D’ailleurs, à quoi servent les passages piétons dans ce pays quand personne ne les respecte ? Que ce soit un conducteur d’un véhicule de transport en commun comme d’un particulier, pour eux, les passages piétons ne servent que de décorum. J’en ai fait les frais sur l’avenue de la Paix, côté Moungali et au centre-ville en face d’une banque française aux couleurs rouge et noire, j’i eu affaire à des chauffeurs qui ne comprenaient rien quand je leur expliquais qu’au niveau d’un passage piéton, il fallait laisser les piétons passer (comme d’ailleurs quand ils sont engagés sur la chaussée). Il fallait voir leurs têtes médusées en entendant mes propos.

Ça serait seulement triste et pathétique si ça n’était pas dangereux.

Le plus terrible, ce sont les autorités qui ne disent pas un mot face à tous ces drames et tous ces comportements inciviques. Pas de campagnes de sensibilisation. Pas un seul coup de peinture pour redonner un semblant de sérieux à cette route, pas un seul policier dès qu’on dépasse le rond-point de Mazala et, ironie du sort, l’Ecole nationale supérieure de police est à un jet de pierres de ce lieu macabre.

Quand on se retrouve soi-même dans un taxi ou un cent-cent avec un conducteur qui ne respecte point le code de la route et s’amuse à doubler sur la droite ou à doubler malgré la ligne blanche. Quand ils se plaignent du fait que les autres conducteurs ne veulent pas les laisser passer, je leur signale qu’ils sont en tort et que pour la santé de toutes et de tous sur la route, ils feraient mieux de rouler à peu près normalement, ils ouvrent des yeux grands comme un éléphant et me disent : « Mpona nini, Vieux ? » (Pourquoi, Vieux ?) Pour eux c’est le sempiternel « E zalaka kaka bongo ! » (C’est toujours comme ça !)

 

Obambe NGAKOSO, November 2015©

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