Epurebere, adi ibo ya ndziya yo: le blog d'Obambé Mboundze Ngakosso

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5 février 2015

Goodluck Jonathan, Boko Haram est là? On vote, malgré tout!

Classé dans : Politique africaine — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 11 h 45 min

Depuis combien de temps n’avais-je pas jeté un œil sur l’émission de la deuxième chaîne de TV française, France2 ?

Le pianotage sur ma télécommande, après une rude journée. Parfois la fatigue nous pousse à vouloir aérer l’esprit.

Boko

Et là, je tombe sur mon Envoyé Spécial. C’est une rediffusion d’une émission datant du 29 mai 2014 Le thème ? Boko Haram, cette chose qui arrive à terroriser deux territoires africains :

-          Le Cameroun, plus de 475.000 kilomètres carrés pour plus de 20.000.000 d’habitants, leader économique de la zone CEMAC ;

-          Le Nigeria, plus de 900.000 kilomètres carrés pour plus de 177.000.000 d’habitants. C’est le territoire le plus peuplé de Kama (le septième au monde).

Combien de fois ne nous a-t-on pas présenté l’armée nigeriane comme la plus puissante du continent ? La réalité est que ces dires ressemblent plus à des racontars qu’autre chose. Mis à part l’expérience biafraise, soldée par un succès à son profit, je ne me souviens pas d’un seul conflit, d’une seule guerre sur notre continent où les soldats nigerians se seraient illustrés de fort brillante manière en réalisant des faits d’armes dont on parlerait des décennies durant…

Les faits sont là, clairs et ne souffrent d’aucune contestation : depuis 2001, soit depuis 14 ans, Boko Haram fait tout ce qu’il veut ou presque. Il y a une immense zone, dans le Nord-est du Nigeria, qui regroupe plusieurs Etats, où ces bandits et criminels sévissent.

La première image concernant leur immense œuvre est un commissariat de police. Ou plutôt, un ancien commissariat de police. Ravagé, brûlé, détruit. Il ne reste que des murs. Plus de toit. Plus rien en fait. Sur les murs, on voit des traces de balles. Certaines sont perforantes. Les forces de l’ordre chargées de lutter contre Boko Haram, dans cette ville le disant sans ambages : les autres en face sont trop lourdement armés pour combattre. Les autres ont des lance-roquettes et eux juste des kalachnikovs…

Le Nigerian qi, à un moment donné parle, dit qu’il ne comprend pas que Boko Haram brûle même des mosquées. Pourtant ils sont musulmans, non ?

Tiens, elle est bonne cette question !

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Sur le deuxième théâtre des opérations signé Boko Haram, on lit cela. C’était une école. Un collège-lycée qui accueillait les enfants de toute la région. Etablissement très réputé. Ils sont arrivés, ils ont tué et tout détruit :

-          48 salles de classes partent en fumée en quelques minutes ;

-          Près de 11 mille volumes de livres scolaires détruits ;

-          Pendant que des centaines de garçons dormaient à l’internat, ils ont été réveillés, traînés dehors et abattus un par un. Puis brûlés ;

-          D’autres enfants qui étaient encore dans leurs chambres y ont été brûlés vifs. C’étaient des adolescents.

Je m’arrête là au niveau de la litanie des horreurs.

J’ai tapé avant-hier sur Olusegun Obasandjo et j’ai terminé en disant qu’il était parti et que son tour était passé. Le premier responsable de la sécurité du Nigeria, aujourd’hui, c’est Goodluck Jonathan. C’est à lui de prendre ses responsabilités pour que ces horreurs cessent. Or cet homme se contente de vouloir organiser les élections, comme si ces élections allaient libérer les plus de 200 jeunes filles que le monde entier a fait semblant de pleurer et les renvoyer un jour à l’école.

Qui pourra hurler si aujourd’hui un putsch renversait Goodluck Jonathan et permettait par la suite de détruire Boko Haram ? Pas moi en tout cas et je serai même très heureux si cela pouvait se produire.

Les Africains devraient cesser de croire que les élections sont la panacée à nos problèmes. Depuis 1999, au Nigeria on vote et cela n’a pas ramené la paix dans ce pays où tantôt c’est le Delta du Niger qui est en feu, et depuis 2001, c’est Boko Haram qui créé un califat qui ne dit pas son nom.

Voter dans un pays en guerre, on a vu ce que ça a donné en Côte d’Ivoire : l’instauration d’un régime tyrannique avec comme siège du premier parti du pays, la MACA (Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan).

Pendant que les Nigerians vont voter, Boko Haram va continuer à avancer et peut-être même qu’un nouvel Etat tombera dans son escarcelle. A peine les troupes tchadiennes ont-elles prise la ville nigeriane de Gamboru que hier, Boko Haram a mené une contre-offensive en terrire camerounais. Du côté de Fotokol. Bilan ? 16 soldats (7 Camerounais, 9 Tchadiens) et de 50 à 100 criminels de Boko Haram y ont péri.

Pendant ce temps, Goodluck Jonathan bat campagne…

 

Obambe NGAKOSO, February 2015©

 

Une réponse à “Goodluck Jonathan, Boko Haram est là? On vote, malgré tout!”

  1. Mfoa.Nkuna dit :

    Frère.
    Je soulève une réserve de taille et porte à votre connaissance une observation.

    La réserve:
    Le cas de boko haram est typique de ce que les anglo-saxons appellent  » domestic enemy » ou l’ennemie de l’intérieur.
    Tous les pays confrontés à ce type de combat asymétrique éprouve du mal à y faire face comme la Somalie. S’y ajoute le fait que le Nigeria est bi confessionnel et boko haram bénéfice des complicités au sein de l’état major de l’armée du Nigeria.
    Il ne suffit pas d’être forts pour gagner, les cas de l’URSS en Afghanistan, des USA dans ce même pays, au Vietnam et en Irak, de la France en Indochine et au Biafra… nuancent tout cela.

    Au Nigeria, c’est de mon point de vue , un manque de volonté et de coopération sous-régionale et une absence totale de l’UA dans ce type de conflit.

    Enfin, l’observation:
    Une élection n’est qu’un ingrédient parmi tant d’autres pour pacifier et faire avancer un pays.
    Le respect des règles que l’on s’assigne, de la maîtrise de son destin ( Selon les auteurs d’une étude publiée dans le « Lancet », le FMI, en échange de prêts à la Guinée, à la Sierra Leone et au Liberia, a imposé comme priorité au cours des deux dernières décennies le remboursement de la dette et le renforcement des réserves de change au détriment des politiques de santé.), de la formation, de la sécurité alimentaire, de la santé,de la maîtrise de son espace, etc… Sont tout aussi importants

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