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7 octobre 2014

Uhuru Kenyatta devant la justice coloniale: shame!

Classé dans : Justice — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 14 h 53 min

Il y a des jours comme ça où certaines nouvelles vous énervent tellement que vous avez envie de tout casser autour de vous et de hurler comme un malade en cage.

Uhuru et son père, Jomo Kenyatta

Uhuru et son père, Jomo Kenyatta

C’est ce que j’ai ressenti quand, en travaillant sur la région Est de Kama, je suis tombé dans le fil d’actualité sur cette information disant que le président de la Jamhuri ya Kenya*, Uhuru Muigaï Kenyatta avait décidé de répondre favorablement à la convocation de la Cour pénale internationale (CPI), tribunal moderne pour juger puis condamner les Damnés de la Terre (Nègres), puisqu’officiellement, on ne peut plus faire comme au temps officiel des colonies où on assassinait un Nègre sans jugement, comme on choisit entre le beurre et la margarine.

Uhuru Muigaï, fils du grand Jomo Kenyatta** (1894-1978), né Kamau wa Ngengi, se livrer ainsi à une justice coloniale ?

Je rêve !

On hallucine !

En lisant cette information, je n’ai cessé de penser à son père. Cet homme qui a rencontré, côtoyé Marcus Mosiah Aurelius Garvey (il a même vécu dans sa maison, comme Kamuzu Banda), se livrant à une justice coloniale… De là où se trouve son père, la tombe doit être terriblement secouée.

Né Kamau wa Ngengi (Kamau fils de Ngengi) il se fait appeler par les Ecossais (qui l’ont converti au christianisme) en 1914, à l’âge de 20 ans sous les prénoms de John Peter. On l’appelle désormais John Peter Kamau. En 1938, il prend le nom de Jomo Kenyatta pour publier sa thèse, Au pied du mont Kenya. Pourquoi ce nom et non pas « John Peter Kamau » comme les bandits l’appelèrent ? C’est par révolte. Pour exister par lui-même. Il n’avait jamais accepté au fond de lui cette donne. Lorsque, en 1934 il quitte Moscou (George Padmore qui l’y aidait n’y étant plus en odeur de sainteté), il retourne à London où il était arrivé pour la première fois en 1929. IL y avait effectué une carrière de journaliste et il défendait les intérêts fonciers des siens. Il se remet à étudier (anthropologie, à la London School of Economics). Il fera d’autres métiers mais aura toujours à cœur de travailler pour la libération des siens et c’est ce qui lui vaudra d’être incarcéré en compagnie de son jeune compatriote, Daniel Arap Moï ().Ce n’est pas pour rien qu’il porte le titre de « Père de la Nation » et il ne l’a pas volé.

Un des problèmes majeurs, sinon LE problème, pour tout enfant désireux de pratiquer le même métier que son père ou d’évoluer dans le même domaine, c’est de se faire un prénom. Et là, Kenyatta fils semble avoir du mal, avec cette attitude de soumission, de servilité et d’« aplatventrisme » envers la justice coloniale. On ne demande pas à Uhuru d’avoir le même parcours que son illustre père et d’ailleurs, ce serait complètement stupide de le lui demander. Non, non et non. Il y a quand même un minimum quand on dirige un pays comme le Kenya (en particulier) ou quand on aspire à parler au nom de millions d’Africains (valable pour tous les dirigeants africains). En général. Je l’ai déjà dit et je ne le redirai jamais assez : les dirigeants Africains n’ont pas à être jugés à La Haye ou ailleurs en Occident.

Que les autres (le président Koudou Gbagbo, Charles Taylor par exemple) s’y retrouvent contre leur gré, c’est une chose. Mais qu’un homme mobilise un équipage et y aille pour raconter je ne sais quoi, ce sont des choses qui ne devraient passer pour aucun Africain.

Aucun !

Lorsque Le Crocodile (surnom de Daniel Arap Moï) présentait au peuple kenyan son poulain, Uhuru Kenyatta pour la présidentielle de 2002, il avait dit une phrase que j’avais trouvée fort inappropriée et par trop malheureuse : Uhuru Kenyatta est un jeune homme qui a besoin d’être aidé. Qu’il le considère comme son fils, aussi bien par l’âge que par le lien très fort avait avec son père, cela s’entend. Mais dans le domaine politique, un homme qui aspire à diriger un pays aussi peuplé que le Kenya, ne saurait être présenté ainsi. Uhuru Kenyatta perdra cette élection à l’issue de laquelle il terminera troisième. Il deviendra ministre et sera bien plus tard élu lors de la présidentielle de 2013 , face à Raïla Odinga, un autre fils d’un leader historique du Kenya, Oginga Odinga.

On aurait pu espérer qu’avec le temps, le jeune homme qui avait besoin d’être aidé ait pris de la bouteille. Visiblement, ce n’est pas le cas et l’humiliation n’en est que plus grande pour les un milliard et quatre-cents millions d’Africains que nous sommes…

Au fait, Uhuru, en swahili signifie Liberté. C’était le cri de guerre que les Mau-Mau lançaient lorsqu’ils combattaient les bandits britanniques. Il y a des enfants qui mal – très mal même ! – leurs prénoms.

Et leurs noms !

Obambe NGAKOSO, October 2014©

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* : République du Kenya

** : Kenyatta signifie petit javelot du Kenya

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