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1 août 2014

Côte d’Ivoire, Afrique et France: les leçons du Vieux Dadié

Classé dans : Société — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 17 h 45 min

Bernard Dadié est un des auteurs que je rêve de rencontrer. L’homme étant quasiment centenaire, je crains que cette éventualité ne demeure de l’ordre de la chimère. Comme beaucoup, j’avais lu Un Nègre à Paris, magnifique roman posant mille et une questions sur justement, comme le titre l’indique, la condition d’un Nègre dans la capitale française. 

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Ce qui pourrait être un sujet d’une banalité affligeante était pourtant un sujet majeur à cette époque (le roman est sorti en 1959). L fameux Nègre est séduit par la ville dite lumière, mais il n’est en rien dupe de ses charmes et de tous ses aspects factices. Voilà ce qui m’avait plus dans l’œuvre de ce grand homme de plume. J’avais lu par la suite d’autres ouvrages émanant de lui : Patron de New-York (paru en 1956), La ville où nulle ne meurt (1968). Ceci pour les romans et il me faudra lire un jour Les villes (paru en 1933).

Bernard Binlin Dadié (son nom complet) est un auteur polygraphe. Si on cherche de la poésie, on le trouve aussi, mais je n’ai pas encore eu l’occasion d’apprécier son talent avec ce genre. J’ai lu deux de ses recueils de nouvelles : Légendes africaines (paru en 1954) et Les jambes du fils de Dieu (1980). D’autres sont sur ma liste d’attente…

Il y a tant et tant à dire sur cet homme de lettres qui écrit avec sa chair et ses tripes. Il m’a toujours fasciné par son courage car avoir écrit ce qu’il a osé écrire à l’époque coloniale, il fallait vraiment le faire. Ça, c’était de l’engagement. Pas de l’engagement à la mords-moi-le-nœud devant son écran d’ordinateur avec un pseudo où tout le monde devient plus révolutionnaire que Lénine, Mao Zé Dong et Fidel Castro réunis.

Binlin Dadié n’est pas qu’un homme de lettres. Et je ne peux me contenter de faire l’évocation exclusive de mon ressenti sur l’œuvre littéraire de ce géant que les ancêtres nous gardent encore sur cette terre. Combien savent qu’en 1949, à l’âge de 33 ans, militant RDA (Rassemblement démocratique africaine, parti créé en 1946), il avait été emprisonné les bandits qui occupaient illégalement une écrasante partie de notre continent, bandits appelés « colons » ?

En 2006 est créée le CNRD (Conseil national de la résistance pour la démocratie). C’est un regroupement de partis politiques, de syndicats et d’associations de la société civile (27 au total) qui prennent leur part au combat dans un contexte extrêmement délicat car la Côte d’Ivoire depuis 2002 subit une agression armée par des bandits (Ivoiriens, Burkinabè, tous armés par la France) en vue de renverser le président de la République, Koudou Gbagbo, que Dadié soutenait et soutient encore.

Les 30 et 31 août 2010, la Côte d’Ivoire lui rendait un vibrant hommage, hommage qu’il ne pouvait évidemment avoir sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny. Il a été fait par le président Gbagbo Héros national et le Palais de la Culture à Abidjan était rebaptisé Palais Bernard Binlin Dadié. Quel plus bel hommage pouvait être rendu à pareil géant ? Le président Gbagbo dira de lui Bernard Dadié ne s’est pas contenté d’écrire de belles choses. Il a écrit des choses utiles pour notre génération. (…) Cher grand frère, cher camarade dans le combat, je n’ai rien à vous donner. Mais, dans la position dans laquelle je suis, ce que je peux vous donner, c’est de faire en sorte que votre nom ne soit plus effacé du cahier de la Côte d’Ivoire. Binlin Dadié, ou l’auteur non seulement utile, mais de plus nécessaire à nos enclos coloniaux.

Malgré son très grand âge, il ne lâche pas sa plume qui nous traduit toujours ce que disent ses tripes. J’ai lu cet entretien, savoureux, publié par le site Internet cameroonvoice.com. Trêve de bavardages : lisez et délectez-vous ! Tous les Nègres ne pratiquent pas l’aplatventrisme !!!

Le lien, http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-5824.html

 

Obambe GAKOSSO, August 2014©

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