Sabala détente avec Amédée Pierre in « Moussio »
Le trente octobre deux mille onze dernier, il nous quittait.
« Il », c’est Amédée Nahounou Digbeu dit Amédée Pierre, de son nom de scène.
Je me souviens encore (Oh ! il y a un bail), la première fois que j’avais entendu son nom et je m’étais demandé « Mais comment un Africain peut avoir pour nom de famille « Pierre » jusqu’à ce que j’apprenne la vérité…
Pierre est le prénom qu’il recevra lors de son baptême chrétien.
Il s’était lui-même surnommé « Le dopé national » : tout un programme, n’est-ce pas ?* Comme nombre d’artistes sur notre continent, il a commencé par un autre métier : celui d’infirmier. Il fera plus tard donc de la musique et du théâtre. Il sera considéré comme le doyen de la musique ivoirienne, lui qui avait innové face à tous les sons venus du cœur du continent et de la Caraïbe.
Je ne sais pas combien d’artistes ivoiriens, aujourd’hui, savent combien ils lui sont redevables. C’est lui qui le premier, en compagnie de Laurent Koudou Gbagbo (pas encore président) et du très regretté Bernard Zadi Zahourou, avait porté le combat pour les droits d’auteurs sur les fonts baptismaux.
Les droits d’auteurs, on sait combien ils sont, les artistes à ne pas vivre de leur art, alors que nombre de nos radios jouent leurs chansons à longueur de journées. Lui, il avait carrément menacé d’arrêter la musique si la question n’était pas réglée. Conscient des conséquences que cela pouvait avoir au niveau national, le président Félix Houphouët-Boigny avait demandé aux autorités compétentes de régler la question.
Hommage à ce grand homme, ce grand artiste !
Bon week-end à vous et n’oubliez pas que chaque jour est une vie !
Obambe GAKOSSO, July 2014©
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*: Rassurez-vous : rien à voir avec la drogue car « dopé » = rossignol, dans sa langue maternelle, le bété.







