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3 juillet 2014

Afrique: 33 milliards d’importations de denrées/an…

Classé dans : Agriculture,Politique — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 11 h 42 min

Le 20 juin dernier se tenait à Malabo le vingt-troisième sommet de l’Union Africaine (UA). Au menu, il y avait l’agriculture et la sécurité alimentaire sur le continent. Il est difficile de comprendre ou d’essayer de comprendre ce sujet si on ignore le fait que bon an mal an, Kama importe pour 33 milliards de $ US de denrées de base.

UA

Il y a dix ans déjà, il avait été initié une politique agricole.

Comme il fallait s’y attendre avec l’UA, les faits (qui sont têtus, merci Lénine !) n’ont pas suivi les paroles. Pourtant, parmi les décisions qui avaient été prises, il y en a une, majeure, de demander aux pays africains de consacrer au moins 10% de leurs dépenses à ce secteur qui, il faut le rappeler, emploie les deux-tiers de la population continentale. Cette même agriculture qui contribue pour 17% au PIB (Produit intérieur brut) du continent africain.

Ces mêmes pays, piqués par la mouche du « développement » avaient signé en compagnie de l’ONU, les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Parmi ces objectifs, l’agriculture y occupe une place plus que prépondérante. Voilà ce qui arrive quand on signe tout et n’importe quoi, sans même savoir de quoi il en retourne. Mais puisque parmi nous, il y en a qui pensent que le monde dans lequel nous nous trouvons est un monde qui requiert de l’ouverture, il faut tout signer, à partir du moment où c’est l’ONU qui le propose, ou les puissances occidentales, puisqu’elles sont la quintessence même de la vérité, de la connaissance ultime et du savoir le plus sacré. On signe. On ne sait pas de quoi il s’agit, mais on signe tout de même. Et, au prochain sommet, on fait un constat d’échec.

Pourquoi a-t-on échoué ? Voilà une question que l’on ne se pose que très peu, en tout cas, pas au bon endroit. Aux endroits où les choses se décident. Mais on prend de nouvelles initiatives (ou encore les mêmes) et au prochain sommet, ce sont de nouvelles feuilles de papier qui seront gaspillées car l’échec sera encore constaté.

Les fameux 10% de contribution à l’agriculture, territoire africain/territoire africain ne sont pas respectés par grand monde et c’est même un amer euphémisme que de le dire car ils sont peu nombreux parmi les signataires qui peuvent se lever et être fiers d’eux les autres, s’ils avaient une once de début de commencement de dignité, devraient battre leur couple et se mettre au travail. Au moins le travail du respect des engagements. Voici les champions d’Afrique à ce niveau (données 2010):

-          Zimbabwe : 30,2% ;

-          Malawi : 28,9% ;

-          Ethiopie : 21,2% ;

-          Guinée : 14,5% (données de 2008) ;

-          Sénégal : 13,9%

-          Congo : 13,7% ;

-          Niger : 12,7% ;

-          Mali: 11,1%;

-          Burkina Faso :10,8% ;

-          Burundi: 10,3%;

-          Zambia: 10,2%.

Comme on peut le voir, le fameux Zimbabwe, ennemi préféré de la presse occidentale du seul fait qu’elle a à sa tête le meilleur président africain, Robert Gabriel Mugabe est en tête. Malgré une réforme agraire extrêmement difficile à mettre en œuvre, le budget national n’oublie pas le secteur agricole.

Qu’attendent les autres pour respecter cet engagement des dix pour cent qui, gageons-le, permettra peut-être de réduire la facture des importations ?

Les Africains des villes ont-ils une idée de ce que représentent les paysans ? Les gens qui prétendent nous diriger, pensent-ils de temps en temps à ce que nous serions si jamais tous nos agriculteurs mettaient la clé sous le paillasson et se mettaient en rangs serrés ou dispersés (peu importe) à quitter les campagnes pour rejoindre les villes ? Des villes africaines aujourd’hui qui pour la plupart (je pends les capitales politiques et économiques, où tout se passe) sont tellement gorgés qu’elles crient au secours tous les jours. On ne peut plus y circuler en voiture, « normalement ». J’ai pu voir de mes propres yeux comment on fait une heure de trajet aujourd’hui pour un trajet que l’on faisait dans les années 90 en 10 ou 15 minutes. Doit-on rappeler aussi que ces villes sont pleines de chômage ?

On importe, on importe, on importe. Telle semble être le choix de nos présidences, primatures et ministères chargés de l’Agriculture. Dans le même temps, quel paradoxe (mais en fait c’est logique pour eux), des terres arables africaines sont bradées au quotidien, dans un véritable jeu de Monopoly géant où des puissances non-africaines se servent sur la bête Afrique qui ressemble bien sur ce coup à une bête géante agonisante et chacun vient y prendre sa part. Qui un bout d’oreille. Qui un bout d’ongle. Les plus forts peuvent même prendre la tête et une patte.

Il serait temps qu’au niveau de l’UA on fasse preuve d’un minimum de cohérence au niveau des décisions prises. Vouloir d’une chose et de son contraire relève de la schizophrénie. 

Or, de cette pathologie, je doute que l’on puisse en guérir.

 

Obambe GAKOSSO, July 2014©

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