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17 avril 2014

Congo: pourquoi privatiser le CFCO?

Classé dans : Economie,Politique africaine,Transports — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 7 h 45 min

Le mardi 15 avril 2014, le ministre Rodolphe Adada était interpellé au Sénat à l’occasion des questions orales au gouvernement. Il a la charge des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande, et bénéficie aussi du titre de « ministre d’État ».

cfco

Adada fait partie des ministres dont on parle très peu dans les milieux qui s’intéressent à la politique, c’est-à-dire partout, car le Congolais (héritage pseudo-marxiste oblige ?), on ne parle quasiment jamais de lui. Peut-être est-ce dû à sa discrétion.

Mardi donc, interpellé au sujet de la privatisation du CFCO (Chemin de fer Congo-Océan), il a rappelé que l’appel d’offres lancé a été rendu infructueux du fait que les sociétés soumissionnaires avaient exigé de notre puissance publique qu’elle fasse d’abord des investissements avant qu’eux ne mettent le moindre sou. On connaît : elle est vieille comme le monde.

Dieu merci et, une fois n’est pas coutume, l’État congolais a dit non et l’affaire en est restée là. Enfin, c’est une façon de parler car le ministre lui-même a dit « Pour l’instant… »

La question de la privatisation de cette structure est donc toujours d’actualité, ressortant dans un an ou plus.

Plus jeune, je croyais aux fables racontées par les tenants du capitalisme à tout crin, des libéraux (sur le plan économique). J’étais persuadé que notre avenir passerait obligatoirement par la privatisation de quasiment tout et que l’État de toutes les façons, ne devait garder qu’un minimum.

Le temps a fait son œuvre et je suis guéri de toutes ces pathologies importées sur notre continent et qui nous soumet au reste du monde car non seulement nous n’avons pas conscience de ce que ces idéologies peuvent représenter et surtout des bêtes immondes qu’il y a en elles. Non seulement nous n’en avons pas conscience, mais quand nous les appliquons, nous refusons délibérément de voir les dégâts que cela cause dans nos sociétés qui ne se sont toujours pas remises de toutes les agressions subies depuis des siècles.

Pourquoi privatiser ? Quelles leçons les Africains ont-ils tiré de toutes ces privatisations menées par nos États, sous les injonctions d’un FMI (Fonds de la misère instantanée) ? Qui plus est, ce même FMI regrette (sans utiliser ce mot, évidemment) ces pratiques qui ont fait des dégâts que l’on ne saurait chiffrer.

Il serait intéressant un jour que les autorités congolaises (comme leurs consœurs africaines d’ailleurs) fassent un bilan de ces privatisations et nous disent réellement ce qui les pousse ainsi à persister à casser notre tissu économico-social.

Les Français en font encore l’amère expérience aujourd’hui avec les privatisations des autoroutes, véritables bijoux de famille. C’était au temps où Jacques Chirac était président de la République et Dominique de Villepin son Premier ministre. Depuis lors, les tarifs des péages connaissent des augmentations exponentielles, obligeant nombre d’automobilistes à emprunter plutôt des routes nationales et départementales car ce n’est tout simplement plus jouable pour leurs poches.

Qu’une entreprise ne rapporte plus de l’argent son patron, à n’importe quel gestionnaire, il est normal que ce dernier cherche à s’en débarrasser car seuls les philanthropes dépensent à fonds perdus, leur argent, gagnés honnêtement ou pas. Or, le CFCO fait office de service public et c’est un moyen de transport d’une importance capitale pour tous les Congolais en général et en particulier pour les populations riveraines. J’ai eu le plaisir par le passé de monter dans ses trains et c’est impressionnant de voir comment des mamans avec leurs sacs d’arachides, de maniocs et je ne sais quels autres produits de leur labeur, montent dans des petites gares pour aller gagner leur pitance dans des cités de plus grande importance que la leur. Depuis des années, le CFCO est malade. Les Congolais savent-ils pourquoi ? Tous ceux qui ont dirigé cette maison depuis 54 ans, sont-ils capables de nous dire ce qu’ils en ont fait ? Ceux et celles qui ont quitté notre monde, nous ont-ils légué des documents ou d’autres formes de témoignages pour nous expliquer ce qu’ils en firent au point que nous en soyons à croire ou à tenter de faire accroire que ce serait la panacée ?

Au Congo comme dans le reste du continent, on ne compte plus les millions de personnes qui ont perdu leur emploi du fait de ces privatisations. Avec ce ratio connu de tous et de toutes, qui veut qu’un homme qui travaille nourrit en moyenne dix personnes, je ne vous dis pas la casse que cela constitue pour notre continent.

Il serait vraiment temps que nous sortions de ces carcans. Vraiment…

 

Obambe GAKOSSO, April 2014©

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