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13 mars 2014

Kenya, un acte fort pour les Vieux!

Classé dans : Politique — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 8 h 25 min

En anglais, le terme Elders désigne les anciens ou les sages. Je me souviens de ce que disait Sa Majesté Hassan II (1929-1999), roi du Maroc (1961-1999) au sujet des personnes âgées et des maisons de retraite.

Elders1

Pour lui, cette conception de la vie en société était tout simplement impensable chez lui, dans son Maroc, dans son monde à lui, le monde arabo-berbéro-musulman. Les personnes âgées, on les garde avec soi.

En Afrique Noire, c’est la même chose. Le premier qui créera une maison de retraite dans l’un des Congo, par exemple, même si tout est possible en ce bas monde (certains veulent dépénaliser l’inceste en Suisse, pour mémoire), risque d’avoir du mal à gagner des sous.

Peu importent les problèmes de famille qu’il nous arrive de rencontrer, nous vivons avec nos parents, grands-parents et les parents de ces derniers (pour ceux et celles qui ont le privilège, le bonheur et la joie de les avoir encore). C’est comme si dès le départ, nos ancêtres avaient prévu certains désagréments.

En effet, les revenus mensuels des Africains (pour ceux qui en ont), ne sont pas des plus mirobolants et quand nous arrivons à la retraite, notre situation sociale se dégrade encore plus. Et quid alors de ceux qui n’ont jamais eu de fiches de paie durant leur existence ?

Oui, il nous arrive d’oublier que tout le monde en Afrique n’est pas forcément fonctionnaire ou agent d’une société privée avec un revenu mensuel garanti. Il y a des agriculteurs, il y a un nombre incalculables de petits artisans qui durant vingt ou cinquante ans gagnent leur pitance en faisant de la plomberie, de la menuiserie, de l’électricité etc. Quand la nature nous ouvre une nouvelle porte avec un corps usé, vieilli et fatigué, il faut baisser la garde et soit cesser ces activités et diminuer la cadence. Ce qui implique bien entendu une diminution des revenus ou plus radicalement une absence de revenus désormais.

Les sociétés néocoloniales dans lesquelles nous vivons sont dans une logique où nos Vieux ne sont pas pris en compte. S’ils n’avaient pas de descendants pour payer leurs soins, pour les nourrir, bref ! pour s’occuper d’eux, je n’ose imaginer l’ampleur de la catastrophe. Quand il faut ajouter tous ceux qui ont perdu leurs emplois depuis les années 80 du fait des privatisations à marche forcée de nos entreprises étatiques et paraétatiques (merci le FMI !)

Au Kenya, un jeune chef d’État (élu en avril 2013, 52 ans), Uhuru Kenyatta a crée la sensation en proposant une sorte de revenu minimum pour les personnes âgées. J’ai vu les photos de la cérémonie officielle au cours de laquelle cet homme, accompagné de son vice-Président, William Ruto (47 ans) a annoncé la chose. Il y avait en face de lui beaucoup de personnes âgées. Certaines avaient besoin de bâtons pour marcher. D’autres avaient du mal à se tenir debout ;

C’est tout simplement émouvant, mais vraiment poignant.

Combien en Afrique pourraient s’en inspirer ?

Il y a des présidents qui même 50 ans après leur passage au pouvoir font encore parler d’eux. Soit parce qu’ils se sont très mal comportés, soit parce qu’ils ont frappé ne serait-ce qu’une fois un coup très fort. Gageons que le président Kenyatta en fera partie car depuis que je m’intéresse à la gestion de la chose publique, je ne me souviens pas avoir vu une chose pareille, pour un président à peine arrivé au pouvoir, ait fait aussi bien, même si le dossier était à l’étude avant même que Kenyatta fils ne devienne président.

Bravo à lui !

Respect pour lui et pour le Kenya !

 

Obambe GAKOSSO, March 2014©

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