Epurebere, adi ibo ya ndziya yo: le blog d'Obambé Mboundze Ngakosso

Kemet (l'Afrique), les Kamit (les Africains), leurs relations avec le reste du monde, les essais qui me frappent, etc., voilà les sujets de cet espace

  • Accueil
  • > Décès
  • > Décès de Mandela: Amnesty International s’invite au bal des hypocrites

13 décembre 2013

Décès de Mandela: Amnesty International s’invite au bal des hypocrites

Classé dans : Décès — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 10 h 31 min

Il y a un billet ou des billets que je n’ai pas encore commis depuis le décès, le 05 décembre 2013 dernier de Madiba Mandela. Je souhaiterais revenir sur celles et ceux qui, à ma connaissance (j’en oublierai sans doute) ont aidé l’ANC (African National Congress) donc Mandela  aussi, pendant ses années de lutte.

Madiba

Mais il y a une chose qui m’en empêche et qui me pousse chaque fois à taper sur mon clavier dont je me demande encore combien de temps il tiendra à cette allure. C’est ce bal des hypocrites qui a atteint sa vitesse de croisière depuis cette date inoubliable du 05 décembre 2013. Au train où vont les choses, je crains que les terriens n’aient besoin de coloniser une nouvelle planète car je trouve que la piste de danse, pour ce bal a fait plus que déborder. Les musiciens mêmes sont noyés au milieu de tous ces danseurs (piètres danseurs et piètres danseuses, je précise) qui se bousculent tellement sur la piste, qui se marchent tellement sur les pieds, à tel point que je me demande sans cesse comment ils arrivent à continuer à danser.

Au bal des hypocrites et autres tartuffes qui brillent en pleurant leur « ami » Mandela, je cite aujourd’hui Amnesty International. Oui, je vous vois bondir devant vos écrans en vous disant, Mais diantre! Que raconte-t-il?

Pour mémoire, cette organisation a été créée en juillet 1961 et l’on attribue à l’avocat britannique Peter Benenson (1921-2005) la paternité de cette organisation. C’est à la suite de la condamnation de deux étudiants portugais, à sept ans d’emprisonnement (ils avaient dit-on, porté un toast à la liberté).

Amnesty International qui donc, se présente comme une « Organisation internationale de défense des droits de l’homme et du respect de la Déclaration universelle des droits de l’homme ». Cette organisation qui, elle aussi, pleure Madiba n’a pas toujours été à ses côtés ni aux côtés de l’ANC. Pourquoi? Mandela le dit lui-même dans son autobiographie, Un long chemin vers la liberté (1995, Fayard) et sans ambages. Lisons-le: Amnesty International ne faisait pas campagne pour nous parce que nous avions utilisé la lutte armée et cette organisation ne défendait aucune personne qui avait choisi la violence.

Qu’on ne se méprenne pas sur mon propos. Je ne suis pas là pour quémander quelque miséricorde ou aide d’organisations et d’associations non-Africaines dans la résolution de nos problèmes. Là n’est pas la question. Le fait est que, encore une fois, les mêmes qui se taisaient ou qui faisaient ami-ami avec les nazis de Pretoria hier, se lèvent aujourd’hui, pour prendre leurs mines les plus tristes, les plus déconfites, et se mettent à se dire solidaires de la famille biologique de Madiba, de sa famille politique, des Noirs sud-africains et des Africains. Ce sont des gens qu’il faut dénoncer de la plus vigoureuse des façons car si la falsification de l’histoire, par les vainqueurs, a pu longtemps s’ériger en quasi dogme, c’est aussi parce que de notre côté, il y eut des silences coupables. Il y a des choses qu’il ne faut plus laisser passer.

Au-delà des textes et livres de très grande qualité de nos glorieux devanciers, que ce soit dans le cadre du Panafricanisme, dans le cadre de la négritude, dans les luttes d’indépendance, aujourd’hui, l’actualité immédiate doit être traitée comme on mange certains plats: chauds. En embosi, un proverbe dit, « Awur’a mbosi ba dza la miya », qui se dit en lingala « Mafuta ya taba ba liyaka tango E za na moto ». L’équivalent français (qui n’est pas une traduction littérale, je précise) est « Il faut battre le fer pendant qu’il est chaud ».

Pour Amnesty International donc, c’était bien que l’ANC et Madiba dénoncent les violations dont les Nègres étaient victimes en Afrique du Sud, dans leur propre pays, mais ils n’avaient pas le droit de prendre les armes pour se défendre et se libérer du joug nazi. C’est non seulement pathétique mais aussi d’un ridicule pas possible. On peut dépasser les bornes de la bêtise, mais à ce point, ça mérite vraiment un Prix Nobel.

Les Africains, qui ont le crâne plus dure que le rocher le plus dur ont vraiment intérêt à le voir se fissurer ce crâne car, à force de croire n’importe quoi, n’importe où, n’importe comment, ils se font sans cesse avoir et ensuite se demandent comment ils en sont encore là.

 

Obambe GAKOSSO, December 2013©

Laisser un commentaire

 

Posedepierre |
Sylvie Marcotte - Mon CV |
Blogtech |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Liumx91
| Ecrirelemonde
| Plaisirsdelavie