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13 octobre 2013

Report des élections locales: le Congo adore vraiment se vêtir du costume de la honte…

Classé dans : Politique africaine — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 9 h 58 min

Le Congo m’a encore bien fait rigoler encore une fois à l’occasion de ces discussions au cours desquelles nous refaisons sempiternellement le monde, tandis que nos « dirigeants » eux, se foutent de la g… du peuple africain en s’asseyant sans cesse sur des textes qu’ils promeuvent eux-mêmes.

Report des élections locales: le Congo adore vraiment se vêtir du costume de la honte... dans Politique africaine urnesPour l’année 2013, le régime putschiste de Mfoa (capitale politique du Congo Rive droite) avait prévu, sur la base de la Constitution du 20 janvier 2002, devait organiser des élections locales. Les premières depuis… 1992. Oui, du fait de la Guerre du 05 juin 1997 qui avait eu deux conséquences majeures (la chute du président Pascal Lissouba et le putsch de Denis Sassou Nguesso), les Congolais n’ont plus jamais eu la possibilité de se choisir des élus locaux.

C’est comme ça.

En juillet 2013 donc, devaient avoir lieu ces fameuses élections. Le pouvoir en place, qui n’aime rien tant que de ridiculiser sans cesse sa fameuse opposition et en même temps humilier le peuple africain, a même jeté de l’argent par les fenêtres en organisant ces réunions dont les Africains francophones ont le secret et l’art de rendre quasiment inéluctables : conclaves, concertations etc. Je leur dis souvent, Á quoi leur sert-il de gaspiller autant d’argent alors qu’il y a plein de textes en vigueur qu’il suffirait d’appliquer ? Que ces textes soient bons ou pas, qu’ils les appliquent et on verra bien de quoi ils sont capables, en plus du pire qu’ils nous offrent au quotidien depuis 16 ans (sans parler de la fin des années 60 à 1991, quand le PCT, Parti congolais du travail, était tout puissant et enfonçait chaque jour un clou sur le cercueil congolais).

Le ridicule, dans ce pays, le gouvernement ne connaît point. C’est étrange… On se demande si ce sont des êtres humains qui « gouvernent » aux destinées de ce pays ou des humanoïdes… La « concertation » de Loubomo (23/26 mars 2013 dernier) a réuni 400 Congolais (politique, société civile, des diplomates et même des religieux dont on se demande ce qu’ils vont faire dans les affaires dites du monde…). Combien cela avait-il coûté aux Africains ? Dans un pays où on peut faire des semaines entières sans eau courante et des mois entiers sans électricité, on trouve des sous pour aller parloter dans la capitale de l’or vert. Pour quels résultats ? Pour qu’on nous dise (comme on s’y attendait !) que le pouvoir est dans l’incapacité totale d’organiser les élections.

Curieux.

Que manque-t-il aux Congolais pour organiser des élections locales ? Qu’un recensement ait lieu ? Que manque-t-il alors pour le faire ? Des agents recenseurs ? Faut-il une école supérieure ou une faculté spéciale afin d’en former ? Non.

Le fait est que d’une part, ce pouvoir était parti sur la base de fraudes (son ADN en fait) et d’autre part, les Congolais ne veulent pas se faire recenser. Point ! Il n’y a rien d’autre à chercher. Depuis que leur démocratie a été confisquée, les Congolais ne se passionnent pour la chose politique que pour refaire le monde. Ils discutent politique pour insulter et le pouvoir et l’opposition (pour une certaine tranche d’âge, ces deux camps sont responsables en très grande partie de la tragédie congolaise qui n’a que trop duré).

Les Congolais, au quotidien, ont des soucis bien plus importants que se faire recenser pour que demain, les bonimenteurs et autres escrocs en tous genres se gargarisent d’avoir « réussi » le recensement, comme si l’on pouvait en tirer quelque gloire que ce soit.

Recenser la population fait partie intégrante des devoirs régaliens d’un État et personne ne devrait s’en gargariser. Je prends souvent l’exemple de ce père de famille qui se vanterait publiquement de nourrir ses enfants. Mais on ne peut plus guère s’en étonner quand on sait que parmi les satisfactions et les fiertés des thuriféraires du PCT, il y a cette antienne répétée sans la moindre gêne, Nous, nous payons les salaires chaque mois.

Quand on a vendu la honte aux chiens…

Une autre frange de la population congolaise ne se passionne de la politique que soit pour insulter le pouvoir, soit pour insulter l’opposition. Bref ! le recensement, ce n’est pas, plus, l’affaire des Congolais. Je me souviens de cette année 1992 où des vieilles femmes, de vieux hommes attendaient des heures durant, sous le soleil ou à l’ombre d’un arbre, leur tour pour aller voter. En ce temps-là (comme c’est loin !), les gens croyaient vraiment qu’une élection pouvait changer leurs vies. Allait changer leurs destins faits de malheurs, de tortures physiques et morales, de privations de libertés etc. Les Congolais n’ont sans doute pas d’universités de qualité, ils n’ont certes pas de centres de recherches où des productions intellectuelles de qualité pourraient faire autorité, mais ils ont un minimum de bon sens. Et ce minimum, ils ont décidé de le mettre, dans ce cas de figure, au service d’une bonne cause. Depuis des années, le gouvernement est incapable de mobiliser plus de 10 à 15% du corps électoral, malgré des moyens financiers colossaux qui leur permettent d’inonder cet enclos colonial de 342.000 Km2 de tee-shirts, de survêtements, de casquettes, de montres, de pagnes et de je ne sais quels autres produits politico-marketing.

 

Les Congolais se demandent chaque matin comment manger. Ils se demandent par quels moyens ils vont aller au boulot (quand ils en ont un) tant les transports publics ont été massacrés et les coupables sont en liberté. Les Congolais dans les hôpitaux chaque jour se doivent d’acheter des médicaments pour les leurs, même quand ils savent que demain, leurs malades vont passer de vie à trépas. Alors, quels arguments leur présenter afin qu’ils se fassent recenser?

Mais ça, ce sont des choses que ce régime sourd (partiellement) et aveugle (cécité volontaire) refuse et de voir et d’entendre.

Mais ça, nous le savions déjà. Le problème est qu’au travers du ridicule de ce pays, c’est tout un pays qui est ridiculisé…

 

Obambe GAKOSSO, October 2013©

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