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15 août 2013

15 août 1960-15 août 2013, que le chemin est long vers l’indépendance

Classé dans : Politique — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 10 h 26 min

Il fut un temps par si lointain où je considérais chaque 15 août comme une date d’une importance capitale.

Il fut un temps pas si lointain où j’associais le 15 août de chaque année à la fête de l’indépendance du Congo-Mfoa.

Il fut un temps pas si lointain où je considérais toujours le 15 août comme l’occasion de célébrer un jour spécial.

Il fut un temps, en effet…

15 août 1960-15 août 2013, que le chemin est long vers l'indépendance dans Politique cg

Le temps remet chacun à sa place. Chacun de nous à sa place, j’ai coutume de dire, en, toute modestie, en espérant plagier aucun penseur grand. Et ce temps, il m’a permis depuis quelques années de ranger mes illusions dans les cartons, tiroirs et autres sarcophages de l’histoire. Je me suis rendu à l’évidence, comme nombre de nationalistes africains que le Congo (les deux Congo d’ailleurs) ne sont point indépendants. Comme la majorité des pays du continent qui, dans le cas d’espèce, ont plutôt des natures de territoires que de pays, au sens juridique du terme.

On ne répétera jamais assez que notre indépendance, nos indépendances ne sont que fictives. Ce sont des illusions dans lesquelles nous nous berçons au quotidien alors que, plus que jamais, nous sommes pieds et poings liés aux IFI (Institutions financières internationales) et à la France, pour les pays se réclamant de la francophonie.

Le mot « indépendance » n’est pas un mot que l’on peut utiliser comme pour dire « beurre », « tomate » ou encore « sable ». C’est un mot qui a une importance capitale et l’on ne devrait pas l’utiliser à la légère. Hélas ! 77 fois 7 fois hélas ! au Congo, il n’y a plus rien de grave. Tout est léger aux yeux des élites politiques (opposition et pouvoir confondus), aux yeux des élites économiques, aux yeux des élites universitaires. Voilà les cercles les plus importants de notre pays qui ferment les yeux et se font les complices de cette escroquerie monumentale qui consiste à faire accroire au peuple africain dit francophone, que nous sommes indépendants. C’est une malhonnêteté qui ne repose sur rien de concret, de factuel.

Comme disent les Anglo-saxons, Words, words, words. J’ai suivi le discours du président de la République du Congo-Mfoa, lorsqu’il s’est adressé au Parlement réuni en congrès, à l’occasion de la « fête de l’indépendance ». Franchement, j’aurais aimé décortiquer ce discours pour ce 15 août et vous faire part de mes impressions. Mais je suis décontenancé par tant de légèreté de la part du président par rapport à la gravité de ce que nous vivons. Il a débité des chiffres qui ne parlent pas aux Congolais. Il s’est mis à citer de très modestes ouvrages qui, normalement, devraient être traités en public par des directeurs (généraux, techniques etc.) Je me demande vraiment à quoi servent les conseillers du président. Si c’est pour lui rédiger des discours aussi ternes et mièvres, ils ont vraiment intérêt à repartir poser leurs postérieurs sur les bancs des écoles (du primaire aux facs) car ce n’est plus possible d’écrire des choses pareilles.

Rien que sur le taux du chômage :

-      Qui le mesure ?

-      Quels sont les outils utilisés pour évaluer ce fléau ?

-      Qu’appelle-t-on chômeur au Congo ?

 

Comment des autorités qui ne sont pas foutus de savoir combien il y a de Congolais diplômés hors du pays (en théorie inférieurs en nombre à ceux qui sont au Congo), seraient capables de nous calculer un taux de chômage crédible?

Il faudrait vraiment que nos dirigeants, en tout cas ceux qui se prétendent tels, nous disent ce que les mots qu’ils utilisent veulent réellement dire. Quand je voyais les pauvres députés et sénateurs en train d’applaudir, malgré eux, le président, j’avais de la peine pour ces pères et mères de famille.

Les Congolais croient qu’ils sont indépendants alors que leur monnaie (le franc CFA) ne leur appartient pas : elle appartient à la France.

Les Congolais croient qu’ils sont indépendants alors que non seulement ils ne savent pas quelles quantités de pétrole et de bois sont produites et exportées. Le président Pascal Lissouba, qui ne manquait jamais une occasion de rappeler qu’il était bardé de diplômes, le disait en son temps. Près de vingt ans après, nous en sommes encore là.

Les Congolais croient qu’ils sont indépendants alors que le 04 mars 2012 ils se sont souvenus que leurs système de santé était quasiment inexistant et, n’eût été la RDC dont les Congolais insultent les ressortissants à longueur de journée, nous aurions bien plus de morts que ça.

Les Congolais croient qu’ils sont indépendants alors que leur pays est un des plus endettés au monde, par tête d’habitant, sans même savoir combien d’argent a été emprunté, ni à qui, ni à quelles conditions. Les Congolais ne savent même pas à quoi sert cet argent emprunté.

J’offre un cadeau aux Congolais qui « fêtent » ce jour. C’est un extrait du célèbre « Discours sur la dette », prononcé par un militant Panafricaniste à Addis Abeba, lors d’un sommet de l’OUA (Organisation de l’unité africaine). Quelques temps après ce discours, il sera abattu…

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Obambe GAKOSSO, August 2013©

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