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16 juillet 2013

Le courage, la fierté, l’honneur: quand l’exemple nous est donné (encore) par l’Amérique latine

Classé dans : Politique — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 8 h 52 min

Dans les relations entre États, le rappel pour consultation d’un ambassadeur en poste dans un pays par son pays est une des décisions les plus graves qui puisse être prise à ce niveau. 365 jours dans une année, 3 années sur 4, nous avons. Les événements ne manquent guère et les actualités de tous les continents, de tous les sous-continents nous nourrissent tellement qu’on ne s’ennuie que rarement.

 

Le courage, la fierté, l'honneur: quand l'exemple nous est donné (encore) par l'Amérique latine dans Politique mercosur-300x150

E. Morales, C. Kirchner, J. Mujica, D. Rousseff et N. Maduro

Quand on s’intéresse un tant soi peu aux Relations internationales, il est aisé de remarquer que ce n’est pas tous les jours que des ambassadeurs soient rappelés pour consultation. Quand il y a guerre, oui, cela se fait. Or, nous voyons des pays comme la Libye, l’Iraq et l’Afghanisan (pour ne citer que cela) où la violence règne en maîtresse depuis des années (2011, 2003 et 2001), qui ont encore, à ce jour, des ambassadeurs occidentaux et des consuls. Même quand leurs vies sont en danger, ils demeurent en poste. On en connaît les raisons: les USA et l’UE qui sont eux-mêmes à l’origine de ces violences y maintiennent malgré tout leurs diplomates…

Nos amis de l’Amérique latine, dont je ne cesse de parler sur ce blog viennent de donner une leçon de dignité et d’honneur à l’Union européenne (UE) et à l’Afrique, en décidant, ensemble, de rappeler leurs ambassadeurs en poste au sein de l’UE. Pour être précis, les pays visés sont l’Espagne, l’Italie, la France et le Portugal. L’actualité est encore toute chaude et personne n’a oublié qu’un scandale incroyable a eu lieu il y a peu, avec l’avion du président bolivien, Evo Morales, a été interdit de survol de ces pays concernés. Comme il fallait s’y attendre, les Sud-Américains, qui se sont libérés de la tutelle américaine, qui ont brisé le lien (depuis les indépendances) de dépendance d’avec la couronne espagnole, eux qui, depuis des années, font souvent bloc face aux USA et à l’UE, ont  franchi le Rubicon. Cela s’est passé vendredi dernier, 12 juillet 2013.

Ainsi, les présidents de la Bolivie (Evo Morales), l’Argentine (Cristina Kirchner),  de l’Uruguay (José Mujica), du Brésil (Dilma Rousseff) et du Venzuela (Nicola Maduro) ont frappé très fort en envoyant ce signal à ces quatre pays de l’UE qui doivent sans doute être groggys à l’heure actuelle. Je me demande si dans le cadre des relations entre le Mercosur et l’UE, cela s’est déjà produit. Fait sans doute inédit et qui laissera des traces si l’UE ne réagit pas.
En effet, non seulement ils ont pris cette décision, mais de plus, ils attendent et des explications et des excuses de la part des gouvernants des quatre pays concernés.
En discutant du comportement très exemplaire des présidents sud-américains, un frère me dira que ces pays ont des matières premières importantes.  Voilà pourquoi ils parlent aux Blancs d’Europe et des USA les yeux dans les yeux. Comme c’est frappant de voir que certains Africains, bardés de diplômes comme il n’est pas permis, font des analyses à la très petite semaine… Comme si le sous-sol africain, comme si l’off-shore africain, comme si tout chez nous n’était que pauvreté!!! N’avons-nous pas du pétrole, comme là-bas? N’avons-nous pas du gaz, comme là-bas? N’avons-nous pas de terres extrêmement fertiles et vastes, comme là-bas? Le fait est que ces pays ont des dirigeants qui ne souffrent d’aucun complexe vis-à-vis de Paris, Madrid etc. Non! Ce temps est révolu depuis belle lurette où, des officiers supérieurs régnaient en maîtres incontestés dans cette région du monde et exécutaient souvent les basses œuvres de Washington et parfois de London. Cette partie du monde est dirigée par des hommes et des femmes qui aiment profondément leurs pays, leurs peuples et qui, s’il leur arrive comme à tout le monde de prendre des décisions extrêmement regrettables, ne courbent point l’échine face à un Bush, un Obama ou un… Tiens, en Europe, qui pourrait oser leur dire le moindre mot?

 

L‘Europe, disons-le encore une fois, ne se sent forte qu’avec nous, les Africains du (en Afrique comme dans la diaspora). Elle ne peut plus rien dire devant l’Amérique du Sud qui s’affirme de plus en plus. Rares sont les fois où nous voyons les présidents du Mercosur être reçus à l’Elysée ou dans je ne sais quels autres palais européens. Ils ont vraiment autre chose à faire que d’imiter leurs collègues et homologues africains qui eux, malgré nos écrits, malgré le monde qui ne cesse de changer, ont leurs horloges bloqués en 1980, 1960, 1940, 1920, 1900 etc. Pourtant, Dieu sait qu’il fut un temps pas si lointain où nous avions des hommes qui avaient quand même de la valeur et qui n’avaient pas du cette conception des relations internationales…

 

Pas besoin d’être le numéro 1 des génies pour comprendre que si ces quatre pays de l’UE n’envoient pas, rapidement, des signaux plus que positifs à La Paz, il leur en coûtera en termes de marchés et autres contrats. Ces pays peuvent-ils se passer des richesses du Mercosur? J’en doute très fort. Le Mercosur (Marché commun du Sud), c’est quand même 82,3% du PIB de l’Amérique du Sud, 241 millions d’habitants et 11 millions de Km2. Excusons du peu.

 

En 2007, Israël est devenu le premier pays, hors du sous-continent, à signer un accord de libre-échange avec le Mercosur. Sur notre continent, des pays comme le Botswana, la Namibie, le Swaziland et le Lesotho ont signé des accords commerciaux avec le Mercosur. Voilà des pays de notre continent qui ont compris avec qui il faut travailler, comment il faut travailler, hors de notre continent. Faut-il sans cesse rappeler à nos chers honorables,vénérables et autres excellences que notre avenir ne peut pas passer par l’Europe? Cela n’a jamais été le cas et cela ne le sera jamais. On sait ce que les relations « très étroites » entre l’Afrique et l’Europe ont donné. Il est plus que jamais temps, il est urgent de tourner ces pages sombres de notre histoire pour se recentrer vers nous-mêmes et ne sortir du continent que si on en a vraiment besoin et auprès des gens avec qui on peut travailler un peu plus sérieusement, en n’oubliant pas que ce monde dans lequel nous sommes est un monde extrêmement dur et que, dans le Mercosur, ils l’ont compris depuis un moment. Sans compter qu’ils savent se montrer solidaires les uns envers les autres, ne laissant pas passer la moindre feuille de papier à cigarettes entre eux, venue du Nord de l’Amérique ou d’Europe.

 

Á bon entendeur…

Obambe GAKOSSO, July 2013

3 réponses à “Le courage, la fierté, l’honneur: quand l’exemple nous est donné (encore) par l’Amérique latine”

  1. Galebahi dit :

    Ce n’est que le début… La Bolivie possède d’immenses réserve de lithium, ce métal permet de stocker d’immenses quantités d’énergie. On le retrouve dans les batteries de téléphones mobiles, d’ordinateurs et aussi dans celles des voitures électriques. Le groupe Bolloré était en négociation avec La Paz pour être fourni en lithium pour le développement de sa voiture électrique. Les dirigeants ont fait dans leur culotte en apprenant ce qu’a fait leur gouvernement… Ils ont envoyé dare-dare des émissaires en Bolivie.

    • Heureux de te relire, frère Galebahi!

      En 2009 déjà, je lisais un article de Libération qui parlait de Bolloré se battant en Bolivie pour ce fameux lithium qui, comme tu le rappelles, est un métal stratégique, le fameux Li du tableau périodique de Dimitri Mendeleïev.
      La France a commis une grave erreur et ses patrons du CAC40 n’en reviennent toujours pas de cette bévue monumentale. Comment Normal 1e a-t-il pu mettre en péril ces chefs d’entreprise? Je ne sais pas comment ils vont faire mais ce coup sera extrêmement difficile à rattraper. Vraiment!

      @+, O.G.

  2. Galebahi dit :

    Si c’était à refaire François Hollande le referait car malheureusement il n’a pas tellement le choix. Son pays n’est qu’un valet de l’oncle sam. Il n’y a qu’en Afrique que la France a encore l’impression d’être une grande puissance.

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