Epurebere, adi ibo ya ndziya yo: le blog d'Obambé Mboundze Ngakosso

Kemet (l'Afrique), les Kamit (les Africains), leurs relations avec le reste du monde, les essais qui me frappent, etc., voilà les sujets de cet espace

7 avril 2013

Au nom des nôtres

Classé dans : Société — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 2 h 18 min

Quel est ton groupe linguistique ? Le frère en me posant cette question est une preuve vivante qu’il y a de plus en plus de Kamit qui refusent de s’appeler par les noms que d’autres utilisent à leur endroit. Des Kamit qui refusent les carcans dans lesquels on les enferme depuis tant de siècles.

On se souvient du feuilleton Roots dans lequel le Manding Kunta Kinte fils d’Omoro (père) et de Binta (mère) est contraint d’accepter son nouveau nom, son nom d’esclave, Toby. Il faudra à son maître beaucoup de coups de fouets sur le dos nu de Kunta Kinte, pour que ce dernier accepte enfin de se faire appeler comme son maître le voudra.

Il en va ainsi de l’existence de notre continent qui, du nom officiel qu’il porte (Afrique) au nom de la majorité de ses enfants, est dénaturé. L’étymologie du nom « Afrique » fait l’objet de plus d’une origine, selon les sources. Pour certains, ce seraient les Romains qui auraient à partir du nom Africus donné ce nom. Afridi apparait aussi, du fait d’un peuple vivant en Afrique du Nord. On a droit aussi à Ifriqiya. Et pendant longtemps, Afrique fut utilisée pour désigner le nord du continent, par opposition à Éthiopie, désignant le reste.

On voit que peu importe la source, le nom « Afrique » n’est pas du tout nôtre. Kemet est le plus approprié, c’est le nom originel par lequel nos ancêtres désignaient leur terre.

Au nom des nôtres dans Société mka

Molefi Kete Asante

Ce frère a renoncé aux mots tribu et ethnie, par exemple car il aurait pu simplement me demander, comme me le demandait un jour un médecin français, Quel est votre ethnie ? De la même manière qu’il a renoncé au prénom issu de la coloniale qui lui a été attribué jadis pour prendre un prénom en rapport avec ses origines.

Cette démarche qui fait souvent sourire et même rire est de plus en plus pratiquée par nos sœurs et frères de la Caraïbe : qui ne connaît pas le Guadeloupéen Omotunde (universitaire), qui a pris ce patronyme venu du Nigeria ? Qui ne connaît pas Ama Mazama (Guadeloupe, universitaire), etc. Là, nous ne citons que deux des plus connus dans les milieux de l’Afrocentricité et du Panafricanisme caribéens. On pourrait ajouter du côté des USA Molefi Kete Asante (universitaire), Kwame Ture (activiste).

Les outils anthropologiques, sociologiques, historiques etc. ne manquent pas aujourd’hui pour nous désigner, pour mieux comprendre notre histoire, nos parcours. Les excuses qui prévalaient du temps de nos grands-parents et certains de leurs parents, où on renvoyait sans cesse vers l’administration coloniale et/ou les prêtres, le fait que certains d’entre nous s’appellent Michel, Pierre, Philippe ne passent plus. Elles ne peuvent plus passer. Elles ne devraient plus passer. Ces noms n’ont rien à voir avec nos ancêtres et tout le monde le sait. Débattre encore là-dessus est une perte de temps aussi inutile de que débattre sur le sexe des anges.

Tout est sur la table et en ce dimanche 07/04/2013, j’aimerais simplement vous dire via ce billet très court que la table est mise, à nous de manger ! Bon dimanche !!!

 

Obambe Gakosso, April 2013©

 

3 réponses à “Au nom des nôtres”

  1. Molekinzela dit :

    Ndeko na ngai

    A propos des noms africains chez les nègres de la diaspora.

    Si certains se réapproprient des noms africains, d’autres noirs de la diaspora ne les ont jamais perdus.
    Lors d’un voyage en Martinique, je fus surpris de lire sur une banderole l’information suivante: « Louemba organise une grande soirée dansante ce samedi….. ».
    Ma première réaction en lisant cette affiche fut de croire qu’un compatriote congolais, résidant en Martinique, organisait des bals … Vu notre réputation de fêtard que tout le monde connait…
    Mon ami martiniquais me rassura tout de suite en m’expliquant que le « Louemba » dont il s’agissait était bel et bien martiniquais et non congolais. Il poursuivit son explication en m’informant qu’un certain nombre de martiniquais et guadeloupéens portaient des nom « africains ».
    C’est ainsi que par curiosité, en parcourant l’annuaire téléphonique local, je découvris des Mabiala, Kindou, Mansuela, Macaya, Ngouala, Malonga, Pezo, Dinga, Diboula, Koussou, Moulembe, Mana, Nzila, Ndeko, Moutou et j’en passe… Il s’agit surtout de personnes issues de la lignée de familles « volontaires » arrivées aux antilles après l’abolition de l’esclavage qui ont conservé leurs noms africains.
    Pour la petite anecdote, un jour, en regardant le journal télévisé de FR3 en région parisiennne, j’ai failli m’étrangler de rire en suivant un reportage sur la grève des gardiens de prisons: Pendant que le leader syndical (une personne d’origine antillaise) faisait une déclaration tonitruante, en vit apparaître son nom en surimpression: »Louvounou »; ce qui, comme on sait, en langue ki-kongo veut dire « monsonge » « imposture ».

  2. Grace Bailhache dit :

    De l’art de passer d’une dictature à une autre ou comment dénier à l’individu son libre arbitre, voilà en gros la première réflexion qui m’a traversé l’esprit en te lisant Obambé.

    Le plus drôle dans ton article c’est ta capacité à aller chercher des exemples partout sauf de l’autre côté du fleuve : quid de l’authenticité du maréchal mobutu sese seko kuku ngbendu wa za banga ?

    Autrement, se justifier c’est déjà reconnaitre qu’on le doit. Je suis pour la liberté de choisir et figures toi que je ne te demande même pas ton autorisation de me mettre à table. Fais foin juste pour voir ! Kié kié kié !!!

    Plus sérieusement, mais comment tu fais pour continuer à fréquenter une vendue comme moi ? C’est carrément incroyable non ?

    Grace

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