Epurebere, adi ibo ya ndziya yo: le blog d'Obambé Mboundze Ngakosso

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10 mars 2013

Hugo Chávez et la démocratie

Classé dans : Politique — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 1 h 54 min

Souffrez qu’aujourd’hui encore je vous parle de cet homme qui vient de nous quitter mais que l’Afrique et l’Amérique latine sont en train de pleurer. Je parle évidemment de la plèbe car les dirigeants africains, exception faite du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo sont aux abonnés absents. Bon, ils ne doivent pas suivre les infos, peut-être…

 

Hugo Chávez et la démocratie dans Politique putsch-150x150

Après le putsch du 11/04/2002

Pour ce dimanche, j’aimerais parler de la démocratie et d’Hugo Chàvez. Des années durant, une bonne partie des media occidentaux ont utilisé les mots suivants : démagogue ; dictateur, despote ; populiste. On ne va pas jouer les fins lettrés (que nous ne sommes pas et que n’aspirons point non plus à être et que nous ne prétendrons jamais être), mais nous allons simplement utiliser le Larousse, pour essayer de comprendre les choses :

Dictateur : c’est une personne qui, à la tête d’un État, détient tous les pouvoirs, les exerçant sans contrôle et de façon autoritaire. Dans un billet précédent, nous avons relaté comment Chávez avait tenté par deux fois d’accéder au pouvoir suite à des putschs. Libéré de prison, il s’est converti à la démocratie et n’a cessé d’organiser des scrutins, quasiment tous gagnés. Ils sont combien, de dictateurs à travers notre planète, qui organisent des scrutins transparents et qui les emportent haut la main ? Ces gens ne devraient pas avoir de temps en temps un tant soi peu de honte en nous jetant au visage ces vieilles lunes auxquelles plus grand monde ne croit dans ce monde où l’information circule souvent plus vite que le son et la lumière réunis ? Tout au long de ses années de pouvoir, Chávez n’a cessé de ferrailler avec une opposition qui a passé son temps à faire de l’obstruction, avec l’aide de puissances ennemies. Combien de militants de l’opposition Chávez a-t-il fait emprisonner en 14 ans ?

 

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Le 14/04/2002, les partisans du Comandante ne baissent pas la garde

Il y a un épisode majeur qui est passé sous silence par la presse occidentale. Normal car cet épisode constitue une véritable honte pour cet occident qui s’est arrogée, lors d’une élection où elle était candidate unique, le droit de vie et de mort sur le reste du monde. En effet, le 11 avril 2002, un groupe de gens qui se sont fait appeler « société civile » (composé de l’église, du patronat, de membres de la classe moyenne, un syndicat corrompu et des généraux félons) ont fait un coup d’État contre Chávez. L’administration de Bush fils et celle de José Maria Aznar avaient évidemment rapidement applaudi : il était temps que ce mélange d’Indien et de Noir quitte enfin la scène politique car trop gênant. L’Espagne d’Aznar, qui à ce moment, préside l’Union européenne (UE), fait une déclaration commune, le 12 avril 2002, à Washington, avec les USA, appelant les putschistes à « créer un cadre démocratique stable ». En temps normal, on croirait rêver. Mais il faut savoir que c’est comme cela que les choses se passent avec l’Occident : il y a des putschs qui sont bons et d’autres qui ne le sont pas. Quand on sait que peu avant ce putsch, des hauts fonctionnaires US avaient reçu des militaires et des civils vénézuéliens… qui front partie des putschistes.

L’Occident avait montré encore une fois ce jour qu’elle était, qu’elle est et qu’elle demeure totalitaire. C’est une vielle tradition. C’est dans la droite ligne de l’époque du trafic négrier. C’est dans la droite ligne de l’esclavage. C’est dans la droite ligne de la colonisation.

Hélas ! pour l’Axe du mal, Washington-Madrid-Brussels, une marée sans précédent, appuyée par des militaires demeurés fidèles à Chávez, désavouera les putschistes et remettra le président en selle. Comment expliquer qu’un dictateur soit ramené par son peuple ? Qui est dictateur ? Quand les vassaux de Paris tombent suite à des putschs en Afrique, ils sont combien à être réclamés par le peuple ?

 

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13/04/2002, la foule est dans la rue, réclamant le retour de son président

Despote : c’est un chef d’État qui s’arroge un pouvoir absolu, arbitraire, sans contrôle. Franchement, quelle différence avec dictateur ? Pourquoi ces gens se fatiguent à utiliser des synonymes de la sorte, dans les mêmes phrases, à longueur de journées ? Manquent-ils à ce point de choses à dire ? Et le grand public, qui ne prend que très rarement le temps de chercher et de comprendre les choses va se dire que cet homme était dictateur et despote !!!

Démagogue : c’est une personne qui fait preuve de démagogie. Cette dernière est présentée comme l’action de flatter les aspirations à la facilité et les passions des masses populaires pour obtenir ou conserver le pouvoir ou pour accroître sa popularité.

 

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Avril 2011, neuvième anniversaire du putsch manqué

Populiste : c’est un partisan du populisme. Ce dernier est défini comme une idéologie politique de libération nationale visant à libérer le peuple sans recourir à la lutte des classes. A priori, rien de négatif dans cette définition. Ce mot, étymologiquement, renvoie au peuple. Quel mal y a-t-il donc à être proche du peuple ? À le défendre ? À parler sans cesse en son nom et à agir pour lui, au quotidien, jusqu’à lui donner sa vie ? À force de suivre les analystes, Hommes politiques et autres « journalistes » occidentaux utiliser ce mot (populiste), l’impression qui se dégage c’est que le peuple, la plèbe, il faut la laisser en plan, ne pas s’en préoccuper et faire de l’entre-soi. C’est cela la réalité. Et ensuite, ils sont les premiers à se plaindre que les gens ne vont plus voter. Les taux de participation aux élections sont souvent faibles alors que justement chez Chávez, le peuple, pour qui le président avait fait imprimer la Constitution, ce même peuple qui pouvait parler régulièrement dialoguer avec son leader à la radio, ce peuple va voter massivement. Parce qu’il sait que son bulletin de vote sert à quelque chose et qu’il peut changer sa vie. Dans des pays comme la France, l’Italie, l’Espagne, les USA, pour ne citer que ces 4 cas, le votant ne croit plus, depuis belle lurette au vote. Il a souvent le choix entre deux grands partis politiques qui sont aussi différents que Dupont et Dupond. Il suffit d’aller par exemple au Parlement européen pour voir comment les partis européens dits « grands », votent de concert des textes qui vont souvent à l’encontre des intérêts du peuple. En fait, pour ces élites occidentales, quand on est au pouvoir, on ne doit l’être que pour les puissants : grands patrons, ministres, universitaires etc. Dommage pour eux, Hugo Chávez n’était pas dans cette logique et quand il disait sans cesse au peuple (El pueblo !) que l’argent du pétrole lui appartient, lui revient de droit, ça, ce sont des choses qui ne passent pas.

 

tout-le-monde-nest-pas-aussi-malhonnete-en-france-150x150

Dans un océan de malhonnêteté...

Les masses africaines devraient accorder leur confiance justement à des leaders capables de leur tenir un discours et qui, une fois élus, passent réellement aux actes.

 

Obambé GAKOSSO, March 2013©

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