Epurebere, adi ibo ya ndziya yo: le blog d'Obambé Mboundze Ngakosso

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23 février 2013

On ne danse pas ce samedi: Hommage aux soldats tchadiens

Classé dans : Société — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 11 h 30 min

Hier, vendredi 22/02/2013, j’ai eu l’honneur et le plaisir de représenter la Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-UMOJA) à la Maison de l’Afrique-IREA (Institut de recherches et d’études africaines) à Paris. Il était question de traiter de la question de l’Accaparement des terres arables en Afrique, dans le cadre de la Semaine anticoloniale.

On ne danse pas ce samedi: Hommage aux soldats tchadiens dans Société armee-150x150

Soldats de l'Armée tchadienne

Ce fut un très bon et très instructif moment passé en compagnie de gens dont on fait la connaissance, de noms sur lesquels on met un visage, des voix sur lesquelles on met aussi un… visage ! Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Amis mélomanes, amateurs de musique, habitués à danser sur les rythmes que nous mettons souvent en ligne chaque samedi, désolé, mais ce jour, il n’y en aura pas. non, car j’ai une très forte pensée pour les treize soldats tchadiens qui ont perdu la vie hier au Mali, lors des affrontements avec ces bandits armés qui voudraient nous imposer un voile de Tunis au Cap de Bonne Espérance, de Zanzibar à l’Île de Gorée.

Oui, ces treize hommes, dont j’espère avoir un jour les noms (que je mettrai ici), sont morts pour nous, pour nos vies, pour la terre malienne, notre terre à toutes et à tous. C’était le sujet hier, à la Maison de l’Afrique : la terre.

J’ai vraiment une forte pensée pour ces braves hommes qui ont laissé leurs familles.

Pensons à eux en ce week-end.

Merci au Tchad qui dès le début avait manifesté sa volonté d’envoyer des hommes pour aller se battre au Mali: c’est aussi ça, se dire frères !

Envolons-nous vers le Sénégal avec Birago Diop qui nous avait rappelé que Les morts ne sont pas morts, dans Les contes d’Ahmadou Koumba: poème!

Les morts ne sont pas morts

Les morts ne sont pas morts
Ecoute plus souvent
Les choses que les êtres,
La voix du feu s’entend
Entends la voix de l’eau
Ecoute dans le vent
Le buisson en sanglot :
C’est le souffle des ancêtres.
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis
Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit,
Les morts ne sont pas sous la terre
Ils sont dans l’arbre qui frémit,
Ils sont dans le bois qui gémit,
Ils sont dans l’eau qui coule,
Ils sont dans l’eau qui dort,
Ils sont dans la case, ils sont dans la foule
Les morts ne sont pas morts.
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis,
Ils sont dans le sein de la femme,
Ils sont dans l’enfant qui vagit,
Et dans le tison qui s’enflamme,
Les morts ne sont jamais sous terre,
Ils sont dans le feu qui s’éteint,
Ils sont dans le rocher qui geint,
Ils sont dans les herbes qui pleurent,
Ils sont dans la forêt, ils sont dans la demeure,
Les morts ne sont pas morts.
Ecoute plus souvent
Les choses que les êtres,
La voix du feu s’entend
Entends la voix de l’eau
Ecoute dans le vent
Le buisson en sanglot :
C’est le souffle des ancêtres.
Le souffle des ancêtres morts
Qui ne sont pas partis,
Qui ne sont pas sous terre,
Qui ne sont pas morts
Ecoute plus souvent
Les choses que les êtres,
La voix du feu s’entend
Entends la voix de l’eau
Ecoute dans le vent
Le buisson en sanglot :
C’est le souffle des ancêtres
Il redit chaque jour le pacte
Le grand pacte qui lie,
Qui lie à la loi notre sort;
Aux actes des souffles plus forts,
Le sort de nos morts qui ne sont pas morts;
Le lord pacte qui nous lie aux acte
Des souffles qui se meuvent.

Dans le lit et sur les rives du fleuve,
Dans plusieurs souffles qui se meuvent
Dans le rocher qui geint et dans l’herbe qui pleure
Des souffles qui demeurent
Dans l’ombre qui s’éclaire on s’épaissit,
Dans l’arbre qui frémit, dans le bois qui gémit,
Et dans l’eau qui coule et dans l’eau qui dort,
Des souffles plus forts, qui ont pris
Le souffle des morts qui ne sont pas morts,
Des morts qui ne sont pas partis,
Des morts qui ne sont plus sous terre.
Ecoute plus souvent
Les choses que les êtres…

 

Bon, vous aurez quand même droit à un classique de la musique africaine, signée Franklin Boukaka qui chante la liberté dans Africa. Bon week-end !

Image de prévisualisation YouTube

 

Obambé GAKOSSO, February 2013©

2 réponses à “On ne danse pas ce samedi: Hommage aux soldats tchadiens”

  1. Grace Bailhache dit :

    Alterner entre joie et tristesse tel est notre lot pauvres mortels !

    Je salue ce rappel qui fait écho à mon humeur du moment, sans parler de cette musique.

    Les morts ne sont pas sous la terre
    Ils sont dans l’arbre qui frémit,
    Ils sont dans le bois qui gémit,
    Ils sont dans l’eau qui coule,
    Ils sont dans l’eau qui dort,

    Je joins mes pensées aux tiennes pour ces soldats morts.

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