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7 novembre 2012

USA & Obama : 44, four more years

Classé dans : Politique — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 10 h 31 min

USA & Obama : 44, four more years dans Politique bhoJe sentais bien que l’enthousiasme ne serait plus le même qu’il y a 4 ans, aussi bien autour de moi, ici en France, qu’au niveau de l’Afrique qu’elle soit partiellement anglophone ou partiellement francophone. Ce matin même, une de mes mamans m’a écrit cela en disant, Il y a 4 ans, j’ai veillé. Les jeux sont faits : le fils du berger kenyan (Barack Obama) et diplômé de Harvard (lui-même diplômé de Harvard) a été aisément réélu président du pays présenté comme le plus puissant du monde. Barack Hussein Obama II, né le 04 août 1961 sur le sol US a signé un nouveau contrat de 4 ans avec ses concitoyens.

L’Amérique, c’est un drôle de pays. Bon, vous me direz (et moi-même je le pense) que tous les pays sont drôles quand on gratte bien. Tout de même. Un pays aussi puissant, construit et crée sur une violence inouïe (massacre des autochtones, esclavage et traite négrière, Guerre de l’indépendance, Guerre de Sécession, etc.) qui présente en finale pour sa présidentielle un Nègre et un mormon, je reste épaté.

On me dira encore une fois que je suis un rabat-joie. Je sais. La démocratie, j’ai l’habitude de le dire, ce n’est pas du prêt-à-porter. Ce n’est pas un costume taillé sur mesure que l’on peut mettre à n’importe quel pays, à n’importe quel peuple et ce dernier aurait l’obligation d’obéir le doigt sur la couture du pantalon. Les peuples créent, ils sont inventifs, créatifs et s’adaptent aux situations en faisant évoluer leurs textes quand ils leur posent problème. C’est une des graves erreurs de nos États (surtout lesdits francophones) d’avoir voulu copier bêtement ce qui se fait ailleurs : on en voit les résultats. Concernant donc cette Amérique, je ne voudrais pour rien au monde que nous copiions ce qui se fait là-bas. Quel intérêt y a-t-il à ce que le peuple ait le choix, du début à la fin entre deux hommes, tout simplement ?* Je pourrais continuer :

  • Des budgets faramineux pour chaque candidat alors même que la crise frappe encore des dizaines de millions d’Américains qui ne peuvent ni se soigner ni manger à leur faim. Je ne parle même pas du logement. Début octobre 2012, on parlait de 1,3 milliards de dollars US pour chaque candidat. Je ne sais pas si on se rend compte de ces sommes…
  • Il y a à peine 50% des Américains qui votent et cela ne semble pas déranger les deux principaux partis de ce pays, celui de l’éléphant (républicain) et celui de l’âne (démocrate). Les Belges au moins ont rendu le vote obligatoire, eux ;
  • On peut devenir ou redevenir président de ce pays même si on n’a pas la majorité des voix des électeurs. Cela a été le cas de George Bush Jr. en 2000. Je suis de ceux qui pensent que la démocratie c’est un Homme une voix. Point ;
  • Quand on est vainqueur dans un État, on rafle la totalité des voix des grands électeurs dudit État ;
  • On peut être président avec une minorité au Parlement : c’est ce qu’Obama subit depuis 2010 et encore pour 2 ans minimum. Comment travailler sereinement dans de telles conditions ? C’est tout simplement impossible car soit on négocie et renégocie tous les jours, soit on subit les blocages de la majorité. Il suffit d’avoir subi l’appel lancé par Obama au camp d’en face pour travailler ensemble.

J’ai moins suivi la campagne électorale de cette année. Entre autres comme raisons, j’étais persuadé qu’il n’y aurait pas de véritable suspense. Mitt Romney n’a pas fait le poids, ne faisait pas le poids, malgré ce que certains sondages n’ont cessé de nous dire. Il n’est pas un animal politique aussi excellent, aussi stratège que son adversaire qui a le pouvoir dans le viseur depuis des années et qui a mis tous les moyens possibles (légaux) pour gagner d’abord et ensuite gagner de nouveau. Et puis franchement, il y a quelques années, je m’étais intéressé à la gestion du gouverneur Romney, dans son État (le Massachusetts): cela n’a rien à voir avec son programme pour devenir président! Programme libéral (démocrate) chez lui, programme conservateur au niveau national: incohérence totale!!!

Ce matin, j’ai suivi son discours de vainqueur. 21 mn sans le moindre texte sous les yeux. Il y en a des présidents qui devraient prendre des cours auprès de lui. Je dis chapeau l’artiste. C’est un grand orateur. Un tribun. Il n’a pas cessé de valoriser son pays, d’exalter son peuple. Il suffisait de voir le public de Chicago (sa ville) applaudir régulièrement et hurler de joie très régulièrement. Il n’a eu de cesse de rappeler au peuple US que la crise est très dure et qu’il fallait travailler extrêmement dur.

Aux Africains, encore une fois, de comprendre que cet homme est Américain. A-MÉ-RI-CAIN ! Point. Il est là pour défendre les intérêts US et si demain, il a besoin d’autoriser le bombardement d’un autre pays africain comme il l’a fait pour notre Côte d’Ivoire en 2011, il le fera et le refera. Même si c’était le Kenya de son cher papa disparu. Obama est un animal au sang froid. America first ! Ce sera son leitmotiv. Il sait qu’il devra s’intéresser à l’élection du nouveau président chinois, car la Chine tient solidement les USA avec les bons du Trésor US. Mais curieusement, les Africains s’intéressent plus à l’élection américaine au lieu de s’intéresser à celle de la Chine qui investit chaque seconde un peu plus sur notre continent.

Je finirai par une petite pensée pour certains journalistes français qui se disent de droite ou libéraux et aussi pour les membres de l’UMP**. Pour eux, il fallait féliciter Nicolas Sarkozy car Tous les chefs d’Exécutif qui se sont représentés en Occident ont été battus à cause de la crise, et leur champion n’avait été battu par François Hollande que de très peu. Obama a été très confortablement réélu. Et pan !

Obambé GAKOSSO, November 2012©

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*: En fait, il y a plusieurs candidats, mais les autres sont tellement insignifiants que personne ou pas grand monde n’en fait état.

** : Union pour un mouvement populaire, qui avait présenté Nicolas Sarkozy comme candidat en 2012 à la présidentielle française.

 

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