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12 juillet 2012

Trois ministres nigériens virés: bravo!

Classé dans : Politique — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 9 h 55 min

Trois ministres nigériens virés: bravo! dans Politique Niger-150x150MANDELA dans son autobiographie, Un long chemin vers la liberté*, raconte qu’un jour, il aperçut un de ses collègues, élève et gardien comme lui, en train d’uriner à un endroit qui n’était pas recommandé pour cela. Très gêné, il n’osa pas aller vers lui pour lui rappeler la loi et, tout en regagnant ses pénates, reprendra dans sa tête cette formule du poète et satiriste latin, Juvénal, sed quis custodiet ipsos custodes ?(Mais qui gardera ces gardiens ?)

ON a tendance à l’oublier, mais la démocratie, telle que nous la rêvons, telle que nous l’idéalisons, est un but à atteindre et si on devait parler des fameux 100% (la perfection, l’absolue), non seulement personne ne les a jamais atteints, mais je suis prêt à parier tout ce que l’on voudra qu’aucun pays au monde ne l’atteindra. La démocratie nécessite des garde-fous solides, afin que toute personne qui détient la moindre parcelle de pouvoir, soit n’en abuse pas, soit est rappelée à l’ordre si jamais sciemment comme inconsciemment, elle franchissait le Rubicond.

LA majorité des pays du monde ont opté pour ce système cher à Montesquieu avec les trois pouvoirs les plus importants qui sont séparés (exécutif, législatif et judiciaire). Atteindre cet équilibre n’est pas évident. Dans un pays comme la France, ils sont nombreux les analystes à considérer, sous la cinquième République, les parlementaires comme des godillots, obéissant le doigt sur la couture du pantalon, au gouvernement, et surtout au président. Parfois des ministres sont contraints de démissionner quand le quatrième pouvoir s’en mêle (la presse). Sous Nicolas Sarkozy on a vu des ministres rendre leurs tabliers car cela commençait à sentir mauvais. Mais sous la contrainte. Après des semaines ou des mois de résistance. D’autres n’ont rien voulu savoir, disparaissant plutôt à l’occasion d’un remaniement.

 

M-ISSOUFOU dans Politique

Mahamadou Issoufou

LE Niger du président Mahadou issoufou (élu le 07/04/2011, à 59 ans) vient de donner une leçon de démocratie à ces ministres indélicats qui confondent leurs intérêts privés bien avant les intérêts nationaux. En avril dernier, trois ministres, tous membres du parti au pouvoir** ont été priés d’aller reprendre de nouveaux cours de démocratie et particulièrement de droit. Mahamoudou Ouhoumoudou (Finances et Économie, remplacé par Jules Bayé), Hankouraou Kalla (Équipement, remplacé par Soumeila Saddi) et Mme Salami Maïmouna Almou (Transports, remplacé par Ibrahim Yacouba). Les deux premiers ont été accusés par l’opposition d’avoir octroyé un marché de plus de 10 milliards de XAF à un député de leur parti. Or, la loi du pays est claire : non seulement un député en exercice ne peut bénéficier de marchés publics, mais en plus, au-dessus d’un montant de 500 millions de XAF, un marché doit faire l’objet d’une communication en Conseil des ministres, de la part du ou des ministres concernés.

 

ALMOU-150x150

Mme Salami Maimouna Almou

JE crois que les députés nigériens devraient aller donner des leçons à leurs homologues congolais car à ce rythme, je ne sais pas qui resterait en place…

LE plus cocasse dans l’histoire est sans doute le cas de Mme Almou qui a carrément ridiculisé son pays en amenant des… noix de cola en Arabie Saoudite, à des fins… commerciales !!! Oui, vous avez bien lu : Mme a voulu vendre ces noix amères que nous prisons tant, en terre sainte de l’islam, non seulement à l’occasion d’un hadj (pèlerinage), mais en plus, la loi saoudienne interdit la présence sur ce sol de ce produit. Cette femme, à mon humble avis, devrait être internée. Elle n’a pas besoin de prison ni de tribunal. C’est un wagon de psychiatres qu’il lui faudrait…

AO-150x132ILS sont nombreux, ces ministres et autres Directeurs généraux de structures étatiques ou para-étatiques qui se livrent à des commerces de toutes sortes. Ils sont importateurs, exportateurs. Ils bénéficient de tous les marchés publics, soit directement, soit par le biais de leurs proches (épouses, enfants, frères et sœurs…) Pourtant, Dieu sait combien ces hommes et ces femmes sont grassement payés. En plus de ces émoluments conséquents, ils sont souvent logés (logement de fonction), véhiculés (ne payant pas leur carburant, sauf en Suède). Parfois leurs factures d’eau, d’électricité et de téléphone sont payées par les contribuables. Quand ils sont nommés, dans certains pays, ils bénéficient de frais d’équipement qui ne sont pas de petites sommes : on sait très bien que certains ministres arrivent quasiment « nus » au ministère, et qu’il faille très vite leur trouver des costumes et des cravates, puisqu’on ne saurait concevoir qu’un ministre n’en ait pas !

QUEL besoin ont-ils donc d’aller voler, faire du commerce ? Accumuler le plus d’argent possible, dans l’illégalité la plus totale ? Je ne sais pas. Je manque d’explication rationnelle à ce sujet et je me déclare vraiment incompétent. Ces hommes et ces femmes s’accaparent de tous les marchés possibles liés à l’État : même pour construire la moindre école primaire avec deux cases, ils sont de la partie. Comme on dit au Congo, E bongo ba liya ! (Il faut qu’ils se goinfrent !)

 

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Abel Goumba

IL faut croire que cela ne date pas d’hier car dans ses mémoires***, Abel Goumba (1926-2009), vice-président du Conseil oubanguien (1957-1958), président du gouvernement centrafricain (30 mars 1959-30 avril 1959) en parle. En effet, David Dacko, du temps où il était ministre de l’Intérieur, sous la Loi cadre de Gaston Deferre, utilisait un véhicule de son ministère pour faire le commerce du charbon. Face à un Goumba qui fustigeait ce genre d’attitude, il répondait, On ne sait jamais, il faut préparer demain !

Obambé GAKOSSO, July 2012©

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*: Fayard, janvier 1995

**: PNDS-Tarayya, Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme

***: Mémoires et Réflexions politiques du Resistant anti-colonial, démocrate et militant panafricaniste, Tomes 1 et 2, avec Diogène Senny, Collection Sambela, Ccinia Communication

 

 

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